Stop à l’huile de palme dans nos carburants

Samedi 12 janvier, dans une station-service Total, 23 citoyens d’ANV-COP21, Les Amis de la Terre, L214, One Voice et Y’a Pas D’Arrangement, ont mené une action pour informer les automobilistes sur la présence d’huile de palme dans les carburants et leur proposer d’interpeller la Commission Européenne qui doit prendre une décision dans les prochaines semaines sur l’avenir de ce “biocarburant” controversé.

 

23 citoyens d’ANV-COP21, Les Amis de la Terre, L214, One Voice et Y’a Pas D’Arrangement, ont mené une action pour informer les automobilistes sur la présence d’huile de palme dans les carburants ©DR
23 citoyens d’ANV-COP21, Les Amis de la Terre, L214, One Voice et Y’a Pas D’Arrangement, ont mené une action pour informer les automobilistes sur la présence d’huile de palme dans les carburants ©DR

 

Lors de cette action, une banderole a été déployée pour demander à l’Europe de dire stop à l’huile de palme. 50 automobilistes ont signé la pétition qui réunit déjà 400 000 signataires en Europe. Les usagers et personnels de la station service ont très largement bien accueilli cette mobilisation, et peu d’entres eux savaient que de l’huile de palme se trouve dans le carburant qu’ils utilisent. Quand à celles et ceux qui ne s’arrêtaient pas, le soutien à été notifié par des Klaxons et signe amicaux.

L’extension des plantations de palmier à huile est une cause majeure de déforestation en Asie du Sud-Est. Un contact sur place nous a exposé la solitude des populations face aux bandes organisés, en effet se lever face à la déforestation et la culture de palmiers à huile représente un réel danger, et le risque de disparaitre par la suite est très élevé. Ces mêmes populations lancent donc des appels à l’aide, il semble inhumain et irresponsable aujourd’hui de fermer les yeux. Mais peu de gens savent que 75% de l’huile de palme que nous consommons en France sert à faire rouler les voitures.

En juin 2018, l’Europe a adopté une loi pour mettre un terme à l’incorporation dans les carburants de matières premières qui sont à “haut risque” pour le climat, comme l’huile de palme. Cette loi propose de plafonner puis d’éliminer des produits controversés et demande aux distributeurs de carburants davantage de transparence. Mais il reste une condition : la Commission Européenne doit entériner cette volonté par un acte délégué, attendu pour le 1er février.

 

En attente de la décision de la Commission européenne

Les pays producteurs (Indonésie et Malaisie) et le groupe Total sont en train de tout tenter pour que l’huile de palme échappe à cette loi. Total projette d’importer 550 000 tonnes d’huile de palme, et dérivés, pour alimenter sa “bioraffinerie” de La Mède.

Après la décision de l’Assemblée Nationale française de retirer l’avantage fiscal permettant l’incorporation d’huile de palme dans les carburants, la décision de la Commission Européenne est décisive: soit elle scelle la volonté d’éliminer l’huile de palme des carburants dans l’ensemble des pays européens soit au contraire, elle ouvre la voie à des dérogations et à une contestation de la décision des parlementaires français.

Notre conclusion est donc la suivante : “Remplacer les carburants fossiles par de l’huile de palme est l’une des pires idées qu’il existe pour le climat. La Commission Européenne doit mettre fin à cette fausse solution et prendre une décision ferme et sans échappatoire pour les industriels comme Total”.

Cette action, organisée par Canopée Forêts Vivantes, les Amis de la Terre France et ANV-COP21, s’inscrit dans le cadre d’une journée nationale de mobilisation, avec des actions prévues dans 22 villes en France, et d’une campagne européenne coordonnée dans 15 pays.

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