samedi 28 novembre 2020
Les brèves du JT « J’ai choisi une vie plus simple »

« J’ai choisi une vie plus simple »

Philippe vit dans une yourte située dans la banlieue Ouest de Toulouse. Loin de subir cette situation, il clame haut et fort son besoin de revenir à l’essentiel, de vivre au plus proche de la nature, dans le respect des éléments. Témoignage.

L’habitat léger est pour vous un choix mûrement réfléchi. Quelle a été la réflexion qui vous a mené jusqu’à cette option?

En réalité, mon choix a été progressif. Enfant, j’ai vécu en HLM puis, à l’âge adulte, j’ai suivi un parcours tout à fait traditionnel. J’ai acheté une maison et suis devenu propriétaire. J’ai contracté un crédit à rembourser sur plusieurs années, comme la plupart des Français qui accèdent à la propriété. Mais plus j’avançais en âge et plus les considérations écologiques se sont imposées à moi. Je me suis interrogé : de quoi ai-je vraiment besoin ? D’un toit pour me protéger des intempéries, d’un lit pour dormir, d’un espace dédié à ma toilette et d’une kitchenette pour préparer mes repas. Ma maison m’est alors apparue surdimensionnée par rapport à mes besoins. J’ai réalisé que je pouvais subvenir à mes besoins en utilisant moins de matériaux et d’énergie.

 

Pourquoi choisir une yourte ?

J’ai d’abord vécu dans une caravane, pendant cinq ans. Là, j’ai constaté que je pouvais évoluer dans un espace de « Polly Pocket » sans altérer mes conditions de vie, au contraire, j’arrêtais de participer à la course au gigantisme. Mais, au fil du temps, j’ai voulu vivre dans un logement bâti de matériaux écologiques, la caravane est donc devenue encombrante. J’ai alors opté pour la yourte. Ainsi, mon empreinte sur l’environnement est quasi nulle.

 

Inter : « Le droit européen n’est pas respecté »

 

Que vous apporte ce mode de vie ?

Aujourd’hui, je ne pourrais pas imaginer revivre dans un appartement. Dans ma yourte, je suis en contact direct avec la nature, avec les éléments. Lorsque je m’endors le soir et que le temps est gris, j’entends la pluie tomber. Sans revenir à la bougie, je vis simplement et même si je sais que tout le monde n’a pas la même notion du confort, je vous garantis que lorsque l’on a testé la simplicité, on y prend goût et ce mode de vie me satisfait pleinement. Beaucoup pensent de même, puisque l’habitat léger concerne actuellement 1 million de Français. A mon avis cela peut-être une des réponses aux problèmes de logement.

 

Pourtant ce mode d’habitat pose problème, notamment au niveau législatif…

L’implantation d’un habitat léger reste soumise au bon vouloir des municipalités. Seules les personnes ayant un statut agricole peuvent prétendre à six emplacements par unité agricole, les autres n’ont pas le droit d’installer un habitat léger, même s’il s’agit de leur propre terrain. Pourtant, le droit européen impose le respect de la diversité de l’habitat, mais il n’est pas respecté. En France, la loi Duflot (ALUR) n’est pas allée assez loin et laisse un vide juridique, qui laisse libre court à l’interprétation des maires. Je me battrai pour que tout le monde ait le droit de vivre là où bon lui semble, du moment qu’il respecte les règles ! Ce devrait être inscrit dans le droit commun, car le disait Gandhi, le tout est de « vivre simplement pour que simplement d’autre puissent vivre » !

 

 

 

Severine Sarrat
Au journal depuis 2008, elle en connaît tous les rouages. D’abord journaliste polyvalente, puis responsable des pages économiques, elle est aujourd’hui rédactrice en chef.

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