Fact-checking – Syndicat de l’eau et BTP local : les investissement correspondent-ils à de réels besoins ?

Les investissements de Réseau31 engagés pour soutenir les entreprises locales de travaux publics répondent-ils à des besoins réels ? Des lecteurs nous ont posé la question. 

Construction d’un réservoir à Villemur © Reseau31

Le 1er juillet dernier, le syndicat mixte Réseau31, chargé de la gestion de l’eau et de son assainissement pour 243 communes du département, signait une charte partenariale avec la Fédération régionale des travaux publics (FRTP) Occitanie. La structure intercommunale s’engageait alors à mobiliser en urgence 56 millions d’euros, sur 18 mois, pour réaliser de nouveaux chantiers et ainsi faciliter la reprise d’activités des entreprises locales du BTP.

Suite à la publication d’un article sur le sujet, vous nous avez demandé « des détails sur ces investissements pour savoir s’ils correspondent à des besoins réels ». Nous avons donc contacté Réseau31 pour obtenir des précisions sur leur nature. Gonzague Ameye, le directeur général du syndicat des eaux local, nous a sitôt fourni la liste de tous les projets programmés sur cette période et nous a expliqué le cadre dans lequel ils s’inscrivent.

Des marchés déjà existant

Ainsi, nous avons pu constater que les 56 millions d’euros annoncés se répartissent sur une soixantaine de chantiers de création, d’entretien ou de réhabilitation d’équipements. Des travaux dont Gonzague Ameye assure qu’ils étaient prévus bien avant la signature de cette charte. « Ce sont des opérations lancées sur la base de marchés qui existaient et que nous avons essayé d’anticiper. Nous n’avons fait que décider d’accélérer la mise en oeuvre des programmes les plus avancés afin de permettre aux entreprises locales de retrouver une visibilité économique, dans une période où elles ont du mal à remplir leurs carnets de commandes », défend le directeur général du syndicat mixe.

Signature de la charte partenariale entre Réseau31 et la Fédération régionale des travaux publics © Reseau31

Des travaux « essentiels pour le territoire »

Pour Gonzague Ameye, ces projets, qui s’inscrivent dans le cadre de schémas directeurs, « vont bien au-delà du plan de relance et sont essentiels sur le territoire ». Concrètement, 24 millions d’euros seront affectés à des travaux sur des équipements d’assainissement et 30 millions sur le réseau d’eau potable. Les deux millions restants étant alloués à des aménagements dits d’ « eau brute » à effectuer, entre autres, sur le canal Saint Martory. « Les travaux sont globalement de deux types. Soit des travaux de mise aux normes, d’interconnexion et de sécurisation du réseau indispensables pour maintenir le niveau de qualité dans le temps. Soit des chantiers d’équipement afin de répondre à la croissance démographique de la population et à l’évolution de l’urbanisation », précise le responsable.

Stations d’épurations, réservoirs et entretien du réseau

Dans le détail, 32 projets sont effectués dans le cadre du service public d’assainissement de l’eau, pour une enveloppe totale de 24 millions d’euros. 17 de ces chantiers correspondent à des travaux de construction ou de réhabilitation de stations d’épuration. Par exemple, la création d’une nouvelle station d’épuration à Salies-du-Salat pour 2,7 millions d’euros ou les reconstructions des centrales d’Auterive (5,75 millions d’euros), Plaisance-du-Touch (4,78 millions d’euros) ou Valcabrère (600 000 euros).

Dans le cadre de l’entretien du réseau d’eau potable, dont le budget global s’élève à 30 millions d’euros, ce sont plusieurs réservoirs qui vont être construits. Notamment à Rebigues (2,4 millions d’euros) , Castanet (3,1 millions d’euros) ou Bazièges (1,4 million d’euros). Outre des travaux de rénovation de conduites et de pose de compteurs, une enveloppe de 8,5 millions d’euros est spécialement mobilisée pour la création d’une unité de potabilisation de l’eau à Carbonne.

Au total, l’ensemble de ces travaux représente une surcharge financière avoisinant les 40 % du budget annuel moyen par Réseau31 (autour de 20 millions d’euros par an). Un effort ponctuel fourni par la collectivité et permis, selon Gonzague Ameye, par « le fort ralentissement des dépenses au premier semestre 2019 » et « la qualité de la gestion des années précédentes ».

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