samedi 4 décembre 2021

Contact

Economie Sineo Toulouse, ou l’histoire d’une transmission en Scop exemplaire

[Mois de l’ESS / 3-4] Sineo Toulouse, ou l’histoire d’une transmission en Scop exemplaire

À l’occasion du Mois de l’ESS, le JT explore l’univers des sociétés coopératives. Durant tout le mois de novembre, l’une d’entre elles est mise à l’honneur chaque semaine. Aujourd’hui, il s’agit de Sineo. Cette société de nettoyage automobile écologique en perpétuel développement vient de se lancer dans le reconditionnement de véhicules d’occasion.

La scop Sineo affiche aujourd'hui un chiffre d'affaires de 2.2 millions d'euros
La scop Sineo affiche un chiffre d’affaires de 2.2 millions d’euros ©Sineo

L’histoire de Sineo est avant tout une histoire d’évolution. Qu’elle soit entrepreneuriale ou sociale. En effet, en 2004, l’entreprise toulousaine fait d’abord partie d’un réseau de franchises créé par des Lillois. Spécialisée dans le nettoyage écologique de véhicules, la société essaime ses équipes travaillant directement chez les concessionnaires. Elles y lavent les voitures sans eau, à la main et à l’huile de coude, avec des produits respectueux de l’environnement. Mais la gestion à distance a rapidement eu raison du projet.

Une entreprise en devenir

En 2006, Sineo est ainsi racheté par Claude Paris et Eric Bidaud, deux entrepreneurs toulousains, qui décident de reprendre la société via un contrat en licence de marque. Une manière d’avoir les coudées franches sur le développement de l’unité toulousaine. Seules conditions : rester une entreprise d’insertion et maintenir le caractère écologique de l’activité. Un choix qui paye puisque celle-ci s’accroît, jusqu’à atteindre alors 100 000 euros de chiffre d’affaires. Mais une difficulté subsiste, celle de fédérer des effectifs qui évoluent sur des sites différents.
Cette question managériale tenaille Claude Paris, qui, s’approchant de la retraite, cherche à passer le relai. Il souhaiterait donner le témoin à ses salariés afin que la gestion de l’entreprise devienne collaborative et participative. Le modèle de la société coopérative (Scop) s’impose alors. Et c’est Caroline Bocquet, prestataire extérieure qui a accompagné cette transition, qui en prend la gérance.

Une Scop florissante

Sineo devient officiellement une Scop en mai 2021. Une modification de statut qui marque également le changement d’échelle de l’entreprise. En effet, celle-ci compte aujourd’hui 70 salariés dont les équipes techniques sont réparties dans 13 concessions toulousaines différentes (Peugeot, Renault, Citroën, Audi et Skoda pour les plus importantes). Elles nettoient 7 500 véhicules chaque mois et génèrent 2,2 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel.
Une Scop en pleine expansion qui vient encore de passer à la vitesse supérieure. En février dernier, Sineo a inauguré son unité de reconditionnement de véhicules d’occasion de Fenouillet. 2 000 m² où les salariés remettent à neuf, pour les concessionnaires, des voitures de seconde main en seulement huit jours. « Un nouveau défi sur lequel nous fondons beaucoup d’espoir au vu de la situation actuelle du marché automobile », confie Caroline Bocquet, gérante de Sineo. En effet, les ventes de véhicules neufs sont en berne, à l’inverse des voitures d’occasion.

Au plus près des salariés

De nouveaux services qui ont déjà séduit le groupe PSA et Auto One. Et qui augurent d’un développement toujours plus soutenu. Ce qui n’entame pas la vocation sociale de la Scop : « Notre mission d’insertion de nos salariés est une valeur très forte pour moi », assure la gérante. Aujourd’hui, 24 employés Sineo à Toulouse, jusque là éloignés du marché du travail, sont en contrat d’insertion. L’entreprise les accompagne dans leur retour à l’emploi, et les épaule, pendant deux ans, dans l’élaboration de leur projet professionnel.

Quant aux salariés permanents, ils auront, en décembre prochain, l’opportunité d’intégrer le capital de leur entreprise, puisque le sociétariat s’ouvrira à eux. “Certains sont d’ores et déjà intéressés”, termine Caroline Bocquet, ravie que toujours plus de salariés s’approprient leur outil de travail.

Severine Sarrat
Au journal depuis 2008, elle en connaît tous les rouages. D’abord journaliste polyvalente, puis responsable des pages économiques, elle est aujourd’hui rédactrice en chef.
 

Face aux multiples crises, comment retrouver la sérénité ?

Écrivez à la rédaction !

Témoin d'un événement d'actu ?
Une info ou un avis à partager ?

spot_img

Les plus lus de la catégorie

spot_img