mardi 1 décembre 2020
Economie Les notaires crient colère

Les notaires crient colère

Jeudi 22 Janvier, Xavier Poitevin, président de la chambre interdépartementale des Notaires de la cour d’appel de Toulouse, et Céline Chwartz-Lair, notaire, ont organisé une rencontre avec la presse pour clamer leur colère face au projet de loi Macron.

Par Gilles Vidotto

« On aurait dû être des milliers à défiler à Paris contre la loi Macron », débute Xavier Poitevin, président de la chambre interdépartementale des Notaires de la cour d’appel de Toulouse. Pour des raisons de sécurité évidentes, dues à l’actualité et le plan Vigipirate toujours en vigueur, les professions libérales ont renoncé à leur projet de manifestation. Mais la colère est toujours là. Xavier Poitevin en est le porte-parole toulousain. A l’époque, l’ancien ministre de l’économie, Arnaud Montebourg, avait mis les pieds dans le plat, et qualifié les notaires de « rentiers », car ils devaient selon lui « restituer près de six milliards d’euros dans les caisses de l’Etat Français ». Or, selon Xavier Poitevin, et sa collègue Céline Chwartz-Lair : « Le notariat Français ne coûte rien à l’Etat Français ». Depuis, Emmanuel Macron, le nouveau ministre de l’économie, a repris le projet de loi, mais « Monsieur Macron est dans un cadre de pouvoir d’achat, et de croissance », explique-t-il. Pour ce dernier, le métier de notaire n’est pas assez représenté en France. Il souhaiterait pouvoir faciliter l’installation des nouveaux professionnels : « Ce à quoi on répond que c’est très bien. Seulement ça sera difficile dans le sens où ça peut chambouler certaines organisations […] Pousser à la faillite les petites structures, ce qui pourrait provoquer une désertification juridique ». Monsieur Emmanuel Macron, en instaurant sa loi, espère mener une politique qui vise à la création d’emplois. Selon, ce dernier : « Le métier de notaire n’est pas assez représenté. C’est une profession privilégiée, et presqu’exclusivement masculine ». Pourtant, les études démontrent le contraire : « Il n’y a que seulement 15% des notaires qui sont fils de notaires. Et un tiers des notaires sont des femmes » souligne Céline Chwartz-Lair. Avec la mise en place de cette loi, les nouveaux notaires chercheront à s’implanter là où le marché est prometteur. Une bonne chose en soi. Pourtant, « ça aura des conséquences négatives dues à la concurrence entre les notaires ». En effet, des statistiques menées par la chambre notariale montrent que 5 000 emplois directs seraient menacés. Ceci se traduisant par une perte d’effectif de 30%. En Haute-Garonne, 273 emplois seraient perdus, soit une perte de 33,5% des notaires. Enfin, Xavier Poitevin craint qu’avec l’instauration de cette loi, la qualité du métier soit lésée. « Jusqu’ici, c’était la chancellerie qui contrôlait le nombre de notaires afin de bien contrôler la qualité de la sécurisation juridique. Mais ça ne sera peut-être plus le cas. La chancellerie cèdera sa place à Bercy ».

La rédactionhttps://www.lejournaltoulousain.fr
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