Le festival Origines Contrôlées ou l’art de débattre

S’amuser, raisonner et débattre. C’est ce que promet chaque année le festival Origines Contrôlées. L’événement revient dans le quartier des Izards du 3 au 6 octobre pour une 15e édition. Spectacles, concerts, temps de réflexions et échanges sur les quartiers populaires sont au programme.

Origines Controlees
©Tactikollectif

« Il est capital de faire la fête, de se cultiver et d’écouter de la musique mais il est encore plus nécessaire de penser et d’échanger », affirme Bahija Kibou, chargée de projets de l’association Tactikollectif, qui organise le festival Origines Contrôlées. Du 3 au 6 octobre, ce grand rendez-vous annuel revient pour sa 15e édition dans le quartier des Izards. Rencontres et débats s’entremêleront avec spectacles et concerts.

Une particularité inscrite dans l’ADN de l’événement, qui conçoit chaque partie comme complémentaire l’une de l’autre. « Nous accordons une place tout aussi importante à la discussion et la réflexion qu’aux concerts. À travers la musique, nous pouvons avoir une analyse, un engagement ou un regard sur le monde. Et c’est justement durant les échanges que nous pouvons développer nos pensées. La musique permet de faire passer des messages autrement », argumente la chargée de projet.

« A travers la musique, nous pouvons avoir une analyse, un engagement ou un regard sur le monde »

Interpeller et éveiller des consciences, c’est dans ce but qu’Origines Contrôlées a été imaginé et créé par Tactikollectif. L’association revendique haut et fort son engagement social. « C’est un temps fort pour nous. C’est la face émergée de l’iceberg, de ce que l’on a fait tout au long de l’année sur les questions liées au patrimoine culturel de l’immigration et à celui des quartiers populaires. Nous nous investissons politiquement et sociétalement sur ces sujets à travers l’art, la musique et la culture. C’est notre façon de faire », insiste Bahija Kibou.

À l’image de sa philosophie, Tactikollectif a choisi une programmation musicale avec des artistes engagés tels que l’étoile montante du rap français Chilla, qui n’avait pas hésité en 2007 à exprimer à François Hollande le ras-le-bol de la jeunesse face à la politique et aux hommes qui la pratiquent, dans son texte “Lettre au président”. Toujours dans un registre hip-hop français qui tient à cœur au festival, Haroun de la Scred Connexion, Davodka, Denfima, l’antihéros du rap, Dooz Kawa, ou Ritay Soro sont également au programme. « Nous avions vraiment envie de proposer des artistes de qualité et d’envergure nationale », ajoute Bahija Kibou.

Côté débats, la question des quartiers populaires sera au centre des discussions et, pour la première fois, sous le prisme de la radio. Édouard Zambeaux, journaliste et animateur, enregistrera une émission en public (voir encadré). Bertrand Dicale, chroniqueur radio sur France Info et auteur spécialiste de la chanson française, animera une rencontre sur ce que la chanson raconte des quartiers populaires. Enfin, Pouria Amirshahi, directeur de l’hebdomadaire Politis, interviendra quant à lui en compagnie des deux politologues Paul Ariès et Fatima Ouassak sur le thème : ‘’Écologie & quartiers populaires : une autre face du combat pour l’égalité’’.

Une émission de radio en public

Édouard Zambeaux, journaliste spécialiste des banlieues et des questions sociales, animateur radio de Périphéries.fr, enregistrera une émission avec l’intervention de plusieurs invités, dans une formule de débat en public. Il donnera aussi la parole aux habitants pour entendre leur point de vue et réfléchir à la manière de « raconter les quartiers… » Rendez-vous jeudi 4 octobre à 18h.

Informations pratiques

Salle Ernest Renan, quartier des Izards
Débats et spectacles gratuits. Concerts : 8€ en prévente, 10€ sur place
Du 3 au 6 octobre 2018
05 34 40 80 70
www.tactikollectif.org

 

Valentin Grezet

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