Le sport descend dans la rue

À l’instar de la musique, le sport a désormais sa fête. La première édition de cet événement, impulsé par le ministère des Sports suite à l’obtention par Paris des Jeux olympiques de 2024, se déroulera les 22 et 23 septembre. À Toulouse, cette Fête du sport se teinte d’un fort accent urbain avec des focus sur le BMX ou le skate. Des disciplines popularisées par des aventuriers qui n’ont demandé à personne la permission de faire de la ville un terrain de jeu. Aujourd’hui, le mobilier de rue sert aussi aux citadins en quête d’une meilleure hygiène de vie. Le JT a chaussé ses baskets pour une séance d’urban training, croisé le fer avec des street golfeurs et voltigé avec des adeptes du parkour.

Skateboard
© Soroush Karimi

En quelques décennies, la ville est devenue un immense complexe sportif. Échasses urbaines, parkour, street-golf, street ball, quick soccer, BMX street, bike-polo, skateboard, double dutch, basket et foot de rue, spéléo urbaine, tennis-ballon ou roller acrobatique, slack line ou simple jogging… Les disciplines et leurs déclinaisons sont innombrables, parfois imprononçables et pour la plupart inconnues du grand public. S’il y a 100 ans, on faisait déjà du patin à roulettes dans les rues, ce n’est qu’à partir des années 1970 que se multiplient les pratiques et les pratiquants. « Les sports de rue, à commencer par le roller et le skate, ont alors pris toute leur place dans le paysage urbain. Notamment à Paris, où le Trocadéro et le quartier Montparnasse ont très vite servi d’espace de jeu », raconte Alexandre Chartier, responsable de la communication de la Fédération française de roller et skateboard. Une culture urbaine se développe, influencée par celle du hip-hop ou des surfeurs californiens, divisée en autant de familles qu’il y a de pratiques.

« Les pratiquants aiment être visibles au cœur des villes »

L’année 1995 est un tournant en France : « Avec les grandes grèves de l’automne, ses embouteillages et ses transports en commun à l’arrêt, l’utilisation du roller a explosé. Il était alors considéré comme un mode de déplacement à part entière. » Ainsi, à partir de 1997, deux millions de paires se vendent chaque année en France. Le skate aussi fait des émules et les marques commencent à s’intéresser aux street sport. Sauts, rampes, courses d’obstacles, skatecross, urban race, elles organisent des évènements et des compétitions : « Cela a donné beaucoup de visibilité et le panel des usagers s’est encore élargi », constate le spécialiste. Sponsorisées, des stars émergent, comme Taïg Khris, triple champion du monde de roller sur rampe ou la légende du skateboard Tony Hawk. Les médias s’en mêlent aussi, notamment la chaîne américaine ESPN qui lance dans les années 2000 les X-Games, la plus grande compétition annuelle de sports dits extrêmes, tous nés dans la rue.

« Ces équipements créent de la mixité et favorisent les rencontres »

Dans un premier temps, les municipalités ont eu du mal à s’adapter au changement : « Elles on tenté de cantonner ces sports dans un seul lieu, l’un des premiers étant le bowl du Prado à Marseille, construit au début des années 1980. Mais cela allait à l’encontre de l’esprit de leurs pratiquants, qui aiment être visibles au cœur des villes », analyse Alexandre Chartier. Aujourd’hui, les quelque 3 000 skateparks français sont bien plus intégrés au paysage urbain. Toulouse en dénombre une dizaine  : « La mairie a la volonté de développer ces infrastructures. Elle soutient et accompagne les acteurs de tous les sports de rue », affirme Sophia Belkacem-Gonzalez de Canales, conseillère municipale déléguée aux cultures urbaines et aux relations avec les clubs sportifs, qui promet la prochaine construction d’un skatepark couvert. En tant que maire de quartier, elle a fait aménager dans celui d’Empalot, un parcours de street work (à mi-chemin entre la gymnastique et la musculation), l’un des 14 que compte Toulouse. « Ces équipements sont d’autant plus utiles qu’ils créent de la mixité et favorisent les rencontres », se réjouit-elle.

Infographie Street sport
© Le Journal Toulousain


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