À Toulouse, un luthier installe son atelier sur une péniche

Luthier à Toulouse, Yves Descloux vient d’installer son atelier sur une péniche amarrée non loin du Port Saint-Sauveur. Il nous fait découvrir ce métier d’excellence et son amour de la musique.

Yves Descloux luthier péniche©YvesDescloux

Sur le canal du Midi, une belle péniche rouge et noire de 40 mètres est désormais amarrée, au niveau du 10 boulevard Monplaisir, près du Port Saint-Sauveur, à Toulouse. Elle s’appelle Monique et c’est là qu’Yves Descloux, luthier depuis 20 ans, vient d’installer son atelier. Des instruments rares accrochés au mur, une foule d’outils de précision : ici tout est à sa place et respire le calme « Je n’utilise presque pas de machine. Je préfère travailler à la main, car j’adore le silence », confie l’artisan.

Du matin au soir, il répare, règle et surtout fabrique des violons, altos, violoncelles et contrebasses, toujours avec le souci de la perfection. « Elle est inaccessible, mais je dois m’y approcher. Sinon, je ne pourrais pas vendre mes instruments ». D’autant qu’Yves Descloux compte, entre autres, parmi ses clients, de nombreux musiciens professionnels de l’orchestre du Capitole, de l’orchestre de chambre de Toulouse ou d’élèves du Conservatoire.

Il lui faut environ deux mois, à plein temps, pour réaliser un violon, et trois mois pour une contrebasse. « L’objectif est d’atteindre le meilleur son. On ne le découvre que lorsque l’instrument est fini. » Seule la moitié de la demi-douzaine de luthiers toulousains sont des fabricants, les autres se contentant de revendre des produits, souvent achetés en Chine.

Une inauguration en musique

Sur sa péniche, Yves Ducloux s’adonne ainsi à ses deux passions : le bois et la musique. Joueur de contrebasse amateur, c’est parce qu’il n’en trouvait pas à son goût qu’il a un jour décidé d’en faire une lui-même. Quatre ans de formation auprès d’un grand luthier lui ont ensuite été nécessaires pour apprendre son métier. Une activité exigeante, « qui attire beaucoup de jeunes, bien que tous ne tiennent pas le coup. »

L’homme raconte les liens qui se nouent entre lui et les musiciens « Il s’installe entre nous une forme d’amitié. Certains viennent pour un simple réglage, avant un concert. D’autres passent des heures à me regarder travailler ». En ce moment, Yves Descloux n’a qu’un seul souhait : « Que les artistes puissent rapidement rejouer. La période est très difficile pour eux, surtout ceux qui sont en contrat précaire. » L’inauguration de son nouvel atelier aura lieu, en musique bien sûr, ce mercredi 24 juin, à partir de 18 heures 30.

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