jeudi 9 décembre 2021

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ActualitésPourquoi la rue Gramat est-elle recouverte de graffs ?

Pourquoi la rue Gramat est-elle recouverte de graffs ?

C’est un tout petit coin de Toulouse, au cœur du quartier Arnaud-Bernard, où il n’y a presque plus de place sur les murs pour exprimer son âme d’artiste. Mais qu’est-ce qui attire tant les graffeurs ici ?

 On dit de Toulouse qu’elle est la Ville rose, mais du côté du quartier Arnaud-Bernard, elle est carrément bariolée. Ici, la brique cède face à la concurrence des tags et autres graffitis. Le street-art s’est totalement accaparé la rue Gramat.

 La bande d’Arnaud-Bernard

 Ce petit bout de Toulouse sert de point de départ pour les ‘’Graff tours’’ de l’office de tourisme. L’occasion parfaite pour enquêter incognito et comprendre ce qui attire les graffeurs à cet endroit. Ceux qui préfèrent l’art pariétal dans la grotte de Lascaux plutôt que sur les murs de leur immeuble vous diront que c’est la faute des Vandales. Mais ces barbares germaniques n’y sont pas pour grand-chose. D’après Panks, lui-même adepte de la pratique, tout est parti d’une bande d’adolescents, un peu rebelles et influencés par la culture américaine, qui « étaient au collège les Chalets, juste à côté, à la fin des années 1980. »

 Mosquito, Tilt, Soune, Tober, Cee-T, Fastoche… Aujourd’hui encore, leurs tags – comprendre leurs noms d’artistes – sont respectés dans le milieu et connus jusqu’aux États-Unis. Mais avant de devenir des superstars du graff, ils ont fait leurs armes dans le quartier Arnaud-Bernard. À l’époque, « il était en restructuration, avec des zones en friche et donc beaucoup d’espaces libres », explique la guide Sarah Chandioux. « Et puis, c’est aussi un quartier très ouvert, avec beaucoup d’associations et une atmosphère particulière. »

 La rue Gramat, un atelier discret à ciel ouvert

 Malgré cette atmosphère, les premiers graffeurs étaient plus souvent qualifiés de voyous que d’artistes. Ils ont donc trouvé refuge dans la discrète rue Gramat. « D’un côté de la rue, il y a le lycée Saint-Sernin et de l’autre des habitations, donc c’était moins compliqué, parce qu’il y avait moins d’autorisations à demander et qu’on dérangeait moins de monde », raconte Panks. Autre petit avantage apprécié par l’expert : « Elle est suffisamment large pour faire du graff, elle est courte et il y a peu de passage, donc on n’est pas embêté. »

Si les murs de cette rue sont la toile préférée des graffeurs, c’est donc avant tout pour une question de configuration. Mais au fil des ans, la rue Gramat est devenue emblématique du graff toulousain à tel point qu’elle a accueilli, en 2000, un des premiers projets d’envergure en la matière, en partenariat avec la mairie et les habitants. Une fresque dont il ne subsiste que quelques traces aujourd’hui, le reste étant recouvert par près de 20 ans de graff plus ou moins légaux. Et si le street-art continue de s’y épanouir, c’est que « les gens qui vivent ici s’y sont habitués. Ça ne pose plus problème et c’est pour ça que les artistes reviennent. »

Michael Ducousso

La rédactionhttps://www.lejournaltoulousain.fr
Le Journal toulousain est un média de solutions hebdomadaire régional, édité par la Scop News Medias 3.1 qui, à travers un dossier, développe les actualités et initiatives dans la région toulousaine. Il est le premier hebdomadaire à s'être lancé dans le journalisme de solutions en mars 2017.
 

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