Le redac chef de la semaine est Joël Echevarria

 

Echevaria (20-05-2016)┬®franckalix-2

Directeur général des services à la Toulouse School of Economics, Joël Echevarria est notamment en charge de la promotion du dernier ouvrage de Jean Tirole, prix Nobel d’économie 2014, “Économie du bien commun”. Malgré une actualité intense, il préside également le think tank La Compagnie Riquet dont les réflexions portent essentiellement sur les enjeux métropolitains. Un candidat idéal pour commenter l’actualité locale.

 

Quand les frondeurs du PS s’attaquent à la loi travail

Cette loi rencontre les mêmes problèmes que toutes ces lois-valises, à l’image de la loi Macron, dans lesquelles sont mêlées plusieurs propositions différentes. Difficile de se prononcer intégralement pour ou catégoriquement contre. Face au chômage grandissant, ne rien faire serait suicidaire, mais encore faut-il savoir quoi faire et comment. Mais j’ai le sentiment que beaucoup ne le comprennent pas et s’acheminent vers un conservatisme idéologique. Cette loi doit être à la hauteur de l’enjeu mais nous devons garder à l’esprit que la recette miracle n’existe pas ! Le chemin sera complexe et personne ne peut prétendre l’appréhender en lisant 20 lignes dans un gratuit. La réforme passe par un mécanisme beaucoup plus compliqué que la plupart des Français ne l’imaginent. Même les parlementaires ont du mal et l’on assiste au dépôt d’une motion de censure par la majorité gouvernementale ; c’est inédit ! Je prédis une année très longue car, à un an des présidentielles, tout est faussé !

 

Toulouse peut-elle se servir de l’Euro comme d’un tremplin ?

Dans un premier temps, il faudra garantir une sécurité sans faille, qu’il s’agisse de menaces terroristes ou de bagarres de supporters car nous avons eu la démonstration lors de la finale de la Coupe de France que la sécurité totale est impossible. Lors de cette rencontre opposant le PSG à Marseille, les fumigènes étaient interdits mais cela n’a pas empêché les spectateurs d’en infiltrer. Concernant, le tourisme, Toulouse aurait pu investir pour le futur mais cela ne semble pas être le cas. La municipalité garde une vision à court terme et met la priorité sur les visiteurs présents lors des matchs qui auront lieu dans la Ville rose mais elle ne pense pas à l’après. Il aurait fallu profiter de cet événement pour communiquer à l’étranger, pour attirer les touristes toute l’année. Pour cela, il aurait fallu savoir se vendre ! Mais peut-être que l’Euro n’est pas le tremplin idéal qui convient à Toulouse, pas franchement réputée pour son histoire footballistique…

 

La malédiction du centre commercial Compans Caffarelli

Plusieurs explications à la désertion de cet endroit. D’abord, les Toulousains n’aiment pas faire les courses enfermés. Notre centre-ville est compact, beau et le climat est propice aux promenades, il n’est donc pas dans l’état d’esprit toulousain de se terrer pour des achats. De même, pour attirer, les centres commerciaux doivent atteindre une taille critique pour permettre aux clients d’y passer la journée, et ce n’est pas le cas de celui de Compans. Ensuite, la présence des mêmes enseignes qu’en centre-ville où il fait bon déambuler, ne favorise pas le succès du site. Le gestionnaire doit travailler sur l’originalité de l’offre en y incluant des marques spécifiques et inédites à Toulouse. Pour finir, le centre a été mal conçu : l’entrée doit être plus attirante, et la galerie doit être passante, reliant un endroit à un autre. Hélas, on descend des marches pour se jeter dans la gueule d’un loup, et arpenter un couloir qui ne mène nulle part, hormis au Palais des sports.

 

Le Stade Toulousain recrute… un dessinateur

Être présent sur les réseaux sociaux et développer une image plus jeune peut n’être que bénéfique au club, mais s’attribuer les services d’un dessinateur officiel, je ne vois pas vraiment l’intérêt. D’ailleurs, le Stade Toulousain n’a pas un problème d’image, même si les résultats ne sont plus au rendez-vous. Pour preuve, le TFC n’a jamais été aussi populaire qu’en cette fin de saison où il jouait le maintien ! Ce qu’il faut travailler, c’est l’identité du club. Les dirigeants doivent enfin choisir s’ils s’alignent sur les Toulon et autre Racing, en changeant de philosophie, en cherchant des investisseurs qui permettront de recruter des joueurs internationaux, ou rester fidèles à leurs valeurs initiales en préférant un milieu de tableau vertueux et en développant un vrai projet sportif qui inclut la formation de jeunes joueurs. Les choses changeront d’elles-mêmes avec le départ de René Bouscatel, l’actuel président.

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