dimanche 25 octobre 2020
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Le collectif Non au gratte-ciel de Toulouse dépose un nouveau recours contre la tour Occitanie

C’est peut-être le début d’un nouveau feuilleton judiciaire. Après avoir accueilli avec satisfaction l’intégration de la tour Occitanie à l’enquête publique sur le projet Toulouse EuroSudOuest (TESO), les opposants ont déposé, ce vendredi 5 octobre, un recours auprès du tribunal administratif.

©DR

Dans la course contre la montre à laquelle se livrent promoteurs et opposants à la tour Occitanie, les seconds ont le sentiment d’avoir remporté une première victoire. Suite à une décision des services de l’État, le conseil métropolitain du jeudi 4 octobre a annoncé l’intégration de la future tour dans l’enquête publique du projet Toulouse EuroSudOuest (TESO), concernant la réhabilitation du quartier Matabiau. Même si le président de la Métropole, Jean-Luc Moudenc, a assuré que cette enquête publique unique avait toujours été prévue, Richard Mebaoudj, porte-parole du collectif Non au gratte-ciel de Toulouse, se réjouit de cette décision « qui donne enfin la possibilité à la population de donner son avis ». L’enquête, qui devrait démarrer en janvier 2019, permettra ainsi aux habitants de consulter les documents relatifs au projet et de faire remonter leurs remarques et inquiétudes auprès du commissaire-enquêteur qui rendra ses observations à la municipalité. Surtout, cette décision vient repousser d’au moins un an la délivrance du permis de construire de la tour Occitanie, déposé en juillet dernier. Un délai que l’association compte bien mettre à profit pour mobiliser la population et « faire du projet un enjeu majeur des élections municipales de 2020 ».

« Faire de la tour Occitanie un enjeu majeur des municipales de 2020 »

Mais les opposants ne comptent pas s’arrêter là. Le collectif Non au gratte-ciel de Toulouse, l’association Droit au logement 31 et les Amis de la Terre Midi-Pyrénées, ont également déposé ce vendredi 5 octobre un nouveau recours contre la délibération du conseil métropolitain du 12 avril 2017, qui a permis une modification simplifiée du règlement d’urbanisme (PLUiH). Cette décision offrait la possibilité de répartir les 35 % de logements sociaux qui auraient dû être réalisés dans la tour sur l’ensemble du projet TESO et réduisait l’obligation du promoteur en termes de stationnement vélo. « De véritables cadeaux faits à la Compagnie de Phalsbourg que l’on estime autour de 10 millions d’euros. De plus, cette modification simplifiée permet aussi d’échapper à l’application des normes environnementales relatives aux constructions à énergie positive à partir de 2020 », précise Richard Mebaoudj. Après un premier rejet par la Métropole en août, ce sera donc cette fois au tribunal administratif de se prononcer sur ce nouveau recours et sur la légalité de cette délibération.

Mais au-delà de la considération démocratique, c’est l’essence même du projet que les opposants remettent en question. « Cette tour est contre-productive sur le plan social et néfaste pour les habitants. Surtout, elle témoigne de la vision municipale de faire de Toulouse une ville de tourisme d’affaires. Aujourd’hui, la politique urbanistique de la métropole est tenue par les promoteurs immobiliers », déplore François Piquemal, porte-parole du Droit au logement 31. De même, alors que Jean-Luc Moudenc assure que le projet ne coûtera rien aux Toulousains, le collectif s’interroge sur plusieurs points comme d’éventuels surcoûts liés au renforcement des tunnels du métro, à la sécurité du bâtiment ainsi qu’à l’entretien des espaces végétalisés prévus.

 

Nicolas Mathé
Pigiste, il a observé l’actualité pour différents titres de la presse écrite locale et nationale pendant presque 10 ans, avant d’intégrer la rédaction du journal en février 2018 pour se consacrer exclusivement à la quête des solutions de demain.

3 Commentaires

  1. Cette tour est une monstruosité, le symbole d’une époque révolue dont plus personne ne veut, la France a 2.000 ans et nous avons jusqu’à ce jour eu la sagesse de ne pas construire de tours, nous n’avons nul besoin d’imiter qui que ce soit nulle part, ni de nous lancer dans une vaine compétition pour savoir qui montera le plus haut, ni de fournir des perchoirs pour des entreprises rapaces dont l’argent et le pouvoir sont les seuls buts. Toulouse peut être une ville en pointe des idées, tournée vers l’avenir et le meilleur, tout en restant une ville humaine, fière de ce qu’elle est, de son histoire, et respectant son identité et son futur.
    Tour Occitanie, non merci ! Stop ou référendum municipal.

  2. Jean-Luc Moudenc est affligeant. Une telle tour à notre époque ?! Non sens écologique, gaspillage, horreur visuelle… à cela s’ajoute le flop d’un métro aux rames trop étroites, une ligne 3 qui ne s’arrêtera pas à l’aéroport, aéroport aux mains d’un actionnaire chinois douteux, le fiasco du quartier de la Cartoucherie soit-disant “écologique” qui subit les nuisances sonores des avions en finale vers l’aéroport, la place du Capitole en permanence défigurée par des stands qui vendent des horreurs…

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