Interview décalée de Manuel Bompard

DSC_0421Secrétaire départemental et national du Parti de Gauche, il est un fervent défenseur de la VIe République, à l’image de Jean-Luc Mélenchon dont il apprécie le franc-parler. Le PG vient d’ailleurs d’organiser une « votation citoyenne » pour revendiquer le droit de révoquer les élus à la suite de quoi, Manuel Bompard a répondu à nos questions… décalées.

 

Un souvenir de ce que vous avez acheté après avoir touché votre premier salaire ?

Je ne m’en rappelle pas du tout. De toute façon, je ne suis pas très gros achats. J’ai dû payer un resto à des amis (et amies) pour une soirée sympa à  refaire le monde.

 

La situation la plus délicate que vous ayez connue ?

Quand on m’a demandé de répondre à l’interview décalée du Journal Toulousain. Je n’aime pas parler de moi et j’essaye de porter au mieux une parole collective. Mais dans la société médiatique d’aujourd’hui, difficile de s’en détourner. Alors puisqu’il faut jouer le jeu, je me livre à l’exercice.

 

Votre principale phobie ?

Voir les événements vous échapper et se sentir totalement impuissant. Je trouve glaçant les récits des grandes folies collectives, quand l’Histoire se met en route et broie tout sur son passage. Donc nous sommes prévenus. Je pense qu’il faut tout faire pour arrêter la machine de la haine.

 

Le plat que vous détestez ?

Les côtes de blettes. J’ai cru que c’était un mauvais souvenir d’enfance, j’ai réessayé il n’y a pas longtemps. Non vraiment, je n’y arrive pas. Vous êtes sûre que ce n’est pas pour les poules ?

 

Votre endroit préféré à Toulouse…

Toulousain depuis moins de deux ans, ce serait prématuré d’avoir un endroit préféré. Mais j’aime déambuler dans les petites rues aux Carmes ou à Saint-Cyprien. Et j’espère que tous ces quartiers ne deviendront pas une nouvelle rue Alsace-Lorraine !

 

« Voilà pourquoi on a besoin d’une 6e République ! »

 

Ce que vous ne supportez pas chez les autres ?

L’indifférence aux autres et à notre avenir commun. Les donneurs de leçons qui ont tout su ou tout vu avant tout le monde et qui n’ont jamais rien loupé puisqu’ils n’ont jamais rien fait. Tout cela nous condamne à l’impuissance et satisfait celles et ceux qui ne veulent surtout pas que l’on s’en mêle !

 

L’animal qui vous fait peur ?

La bête immonde. Celle qui divise les gens alors que nous sommes tous semblables. Celle qui brouille tous les repères et qui nous vole nos mots. Celle qui veut détourner la colère du peuple et qui distille la haine. C’est un animal terrible.

 

Un souvenir de vacances ?

Grenade. Une ville magnifique, à l’ambiance jeune et festive, aux multiples influences culturelles. L’impression de ne pas voir le temps filer et de profiter du soleil qui colle à la peau.

 

La carrière que vous n’auriez jamais pu embrasser ?

Journaliste au Journal Toulousain. Être au pied du mur et reprendre les choses en main. Le faire en imaginant une autre forme d’entreprise. Y croire et faire aboutir le projet. Quelle détermination ! Je n’en aurais sans doute pas été capable.

 

Un concert qui a marqué votre vie ?

Un concert d’IAM, au début des années 2000. J’aimais la fraîcheur et le côté revendicatif. J’ai beaucoup plus de mal avec les codes du moment, je trouve ça sans saveur.

 

Quel est votre plus grand regret ?

Que le tiers des votants (et votantes) qui a hésité entre Hollande et Mélenchon jusqu’au dernier moment ait finalement choisi le premier, une fois dans l’isoloir. Avec le second, on aurait pu espérer autre chose pour notre avenir. Heureusement, il n’est pas trop tard et on peut relever la tête !

Vous souvenez-vous d’un (gros) mensonge d’adolescence ?

Je me souviens de plusieurs. Mais ils sont bien moins graves que ceux de Sarkozy et de Hollande sur les retraites ou la renégociation du Traité européen qui nous enferme dans l’austérité. Ce qui serait bien, ce serait d’arrêter avec les mensonges d’adolescence en politique. Voilà pourquoi on a besoin d’une 6e République !

Votre film référence ?

J’ai été très marqué par « Rue Santa Fé », un film de Carmen Castillo sur les militants du MIR au Chili après le coup d’Etat de Pinochet. Une grande réflexion sur l’engagement et une émotion qui te saisit pendant 3 heures. J’ai eu du mal à m’en remettre.

Si la fin du monde approchait, que vous empresseriez-vous de faire?

D’abord de tout faire pour éviter que ça arrive. On peut toujours changer les choses ! Si j’ai tout essayé et que rien n’y fait, je pourrais au moins me dire que j’ai répondu à une interview décalée du Journal Toulousain.

 

 

 

 

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