jeudi 27 janvier 2022

Contact

spot_img
ActualitésGrève générale illimitée à l’hôpital des enfants du CHU de Toulouse

Grève générale illimitée à l’hôpital des enfants du CHU de Toulouse

Le personnel soignant de l’hôpital des enfants du CHU de Toulouse est en grève depuis ce mardi 11 janvier pour dénoncer l’épuisement professionnel, réclamer plus de moyens, l’ouverture de lits et le recrutement massif de nouveaux agents.

hôpital enfants Toulouse grève
Le personnel soignant de l’hôpital des enfants de Toulouse est en grève depuis mardi © capture d’écran Google Maps / hôpital des enfants

Le personnel soignant de l’hôpital des enfants du Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Toulouse est en grève illimitée depuis ce mardi 11 janvier. Les professionnels de santé pointent du doigt un niveau d’épuisement professionnel jamais atteint, notamment à cause du manque d’effectifs, de mauvaises conditions de travail et de la saturation des lits qui engendrent une dégradation de la prise en charge des patients.

« Après de très nombreuses alertes du corps médical, des personnels, de la médecine du travail et des syndicats, la direction répond toujours à côté et n’assume pas ses responsabilités sur la situation catastrophique que vit l’hôpital des Enfants », déclare la CGT du CHU de Toulouse.

“Manque d’anticipation de la direction” au sujet des recrutements

Par cette mobilisation, les soignants souhaitent dénoncer le “manque d’anticipation” de la direction, notamment au sujet des recrutements. Selon le syndicat, cette dernière est clairement « responsable de la situation » actuelle, car l’absence de recrutement de personnel médical ou paramédical a provoqué une mauvaise organisation de l’hôpital et un manque de formations adaptées pour les nouveaux arrivants. « Nous voyons également de nombreux professionnels formés en pédiatrie bloqués alors qu’ils souhaitent être embauchés. Mais ils sont refusés ou orientés dans les services adultes », ajoute la CGT.

Manque de lits pour les patients

Cet hiver, l’hôpital a dû faire face à de fortes hausses de cas de bronchiolite, gastro-entérite, et autres maladies respiratoires, chez les enfants, mais aussi de Covid-19 avec l’arrivée de la cinquième vague provoquée par le variant Omicron. Ce qui a entraîné un engorgement conséquent des services.

Là aussi, les soignants dénoncent un manque d’anticipation de la direction de l’établissement. «Les moyens non disponibles en lits d’aval dans l’hôpital des enfants entraînent la saturation des urgences avec des lits couloirs. Des enfants avec des pathologies graves sont trop nombreux sur des lits de soins traditionnels », poursuit la CGT, ce qui engendre une « mise en danger des patients ».

« Harcèlement hiérarchique »

Enfin, les soignants de l’hôpital des enfants pointent du doigt « un harcèlement hiérarchique sur la gestion des manques, qui n’est pourtant pas de notre ressort », expliquent les syndicalistes, qui évoquent même des « violences managériales de la direction des ressources humaines, avec des menaces et exécution de radiation de nombreux professionnels pour “abandon de poste ou désertion” ». La CGT donne un exemple : une infirmière pédiatrique a dû faire appel au tribunal administratif de Toulouse pour faire suspendre une décision de radiation « alors qu’elle était en arrêt pour épuisement professionnel ».

La direction se défend

De son côté, la direction assure être consciente de la situation. Au micro de France 3, la directrice du pôle Enfants Sarah Viguier a « salué les cadres et les équipes mobilisés », malgré les problèmes d’effectifs, « dans un contexte de crise épidémique sévère que l’hôpital des enfants a dû affronter et ce dès le mois de septembre », et assure mettre désormais mettre « tout en œuvre pour renforcer le pôle afin que les années à venir soient plus simples à vivre ».

Dans le média, Christophe Mazin, secrétaire général du CHU de Toulouse, affirme, lui, qu’un « plan épidémique pédiatrique anticipé » a bel et bien été mis en place dans le but d’obtenir des lits et des agents supplémentaires « pour faire face à cette crise ». Mais qu’il s’est heurté à des « difficultés de recrutement », arrivées en même temps qu’une vague d’«absentéisme lié à l’épidémie de Covid ». Depuis, aucune autre réponse n’a été apportée aux grévistes, qui représenteraient près de 13 % des 700 agents de l’hôpital.

 

Face aux multiples crises, comment retrouver la sérénité ?

Écrivez à la rédaction !

Témoin d'un événement d'actu ?
Une info ou un avis à partager ?

spot_img

Les plus lus de la catégorie

spot_img