À Toulouse, situation préoccupante pour les mères isolées et les familles migrantes

Comme chaque année, le Secours catholique a présenté son rapport statistique sur la pauvreté en France. Malgré une diversification des profils pris en charge, l’association alerte sur une hausse de l’extrême précarité et une vulnérabilité croissante des mères isolées et des familles migrantes.

Pauvreté

Pour rédiger son rapport annuel sur la pauvreté en France, l’association du Secours catholique-Caritas France s’est basée sur un recueil d’informations réalisé auprès des 1 347 500 personnes accompagnées par ses équipes bénévoles. Une initiative qui revêt une importance particulière quelques jours après la confirmation par le Premier ministre Édouard Philippe de la suppression, au 1er janvier 2020, de l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale.

Progression de l’extrême précarité, vieillissement des populations en difficulté, fragilisation des familles issues de l’immigration et vulnérabilité des mères isolées, les constats locaux sont, globalement, les mêmes qu’a l’échelle du pays.

Les mères isolées et les populations migrantes particulièrement exposées

Avec 7 000 personnes accueillies physiquement, la délégation Haute-Garonne et Ariège du Secours catholique-Caritas a apporté un soutien effectif à prés de 10 000 bénéficiaires au cours de l’année 2018. « Depuis quelques années, nous remarquons une augmentation du nombre de femmes, souvent seules et avec des enfants, dans des conditions très précaires », observe en premier lieu Marc Beauvais, le président de l’antenne locale. En effet, celles-ci représentent toujours 56 % des prises en charge. 39 % d’entre elles étant des mères isolées.

« Un durcissement des politiques d’accueil des étrangers »

Le deuxième constat de l’association porte sur la situation des personnes issues de l’immigration. « Une population, en général très jeune et récemment arrivée sur le territoire, que nous rencontrons de plus en plus », note le bénévole, qui relève une progression de 30 % des demandes les concernant. « Un état de fait dû à un durcissement des politiques d’accueil des étrangers, et à une application particulièrement stricte de la préfecture de Haute-Garonne, qui aggrave leurs conditions matérielles et administratives », déplore-t-il.

L’attractivité de la métropole aggrave les difficultés liées au logement

Malgré un doublement des places d’hébergement d’urgence, la question de l’habitat reste particulièrement préoccupante dans la Ville rose. « Toulouse dispose d’une très forte attractivité économique. Cela provoque une tension de l’offre de logements tout en attirant des personnes très précaires, en quête de conditions de vie meilleures », explique Lydie Cardoux, la directrice générale de la délégation locale.

Le Secours catholique, qui a participé au grand recensement initié par la mairie de Toulouse en avril dernier, dénombre ainsi autour de 5 000 personnes vivant sans résidence stable : dans la rue, en squat ou en hôtel. Chaque soir, ce sont environ 1 400 nuitées qui sont mises à disposition des sans-abri. Un non-sens économique et humain pour les bénévoles qui alertent sur l’impossibilité de mener un véritable travail d’insertion ou de maintien de la scolarisation dans ces conditions.

Une hausse de l’extrême pauvreté et une diversification des profils concernés

Une situation propre à la métropole, qui ne doit pas masquer d’autres réalités, comme le vieillissement des populations précaires. Notamment en milieu rural où les retraités agricoles, confrontés à un faible niveau de pension, sont particulièrement touchés. De même, les chiffres dévoilent une augmentation du nombre des personnes diplômées vivant en dessous du seuil de pauvreté. Au total, 14 % des Français, soit 9 millions d’habitants, sont contraints de subsister avec moins de 1 041 € par mois.

Enfin, de manière générale, l’ONG s’inquiète d’une hausse de l’extrême pauvreté qui progresse de 1,3 %. Le revenu médian des ménages accueillis en 2018 ayant baissé de 15 € par rapport à l’année précédente, pour s’établir en 2018 à 535 €. Une évolution qui s’explique par l’accroissement de la part des personnes, sans statut administratif légal, n’ayant pas le droit de travailler.

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