À la tête d’Handi-social, Odile Maurin se bat contre le validisme

Elle multiplie les coups de force pour défendre les droits des personnes en situation de handicap et participe activement aux manifestations des gilets jaunes toulousains. Depuis toujours, Odile Maurin fait la guerre aux injustices.

Différente

Différente. Autiste Asperger, Odile Maurin voit le monde sous un angle particulier. Petite, elle n’avait pas beaucoup d’amis et jouait au foot avec les garçons. Comme elle n’a pas la notion du temps, elle peut oublier de manger ou travailler jusqu’à six heures du matin. « Les aides à domicile me permettent de garder une hygiène de vie. » Victime d’un autre syndrome, celui d’Ehlers-Danlos, une maladie génétique rare et invalidante, elle se déplace en fauteuil roulant depuis 25 ans.

Douée. Au collège, elle préfère Rousseau à Molière, qu’elle a déjà lu au primaire. « En ne foutant rien », elle s’accapare les meilleures notes. Plus tard, elle parvient même à se défendre seule au tribunal et à faire condamner l’État qui lui refuse son allocation adulte handicapé. Désormais, elle siège à la commission qui statue sur leurs droits et leur autonomie, « une vraie revanche ». Et le barreau de Toulouse fait appel à ses compétences pour former les avocats aux subtilités de la législation sur les personnes en situation de handicap. 

Dissipée. Odile Maurin collectionne les zéros de conduite. « J’ai un problème avec l’autorité quand elle est injustement exercée. » C’est ainsi qu’elle fait face aux canons à eau de la police sur la place du Capitole lorsqu’elle manifeste avec les Gilets jaunes. Et qu’avec son association Handi-social elle bloque les voies d’un TGV ou envahit les pistes de l’aéroport. « Des actes de désobéissance civique pour la défense des droits des personnes handicapées et contre le validisme de notre société. »

Dépendante. Adolescente, Odile Maurin tombe dans la drogue. Douce puis dure. « Je me suis fait piéger. » Elle finit par créer un réseau illégal de distribution de produits de substitution à l’héroïne, avec des médecins et des pharmaciens. Son calvaire dure 15 ans, jusqu’à ce que Simone Veil autorise la méthadone, au milieu des années 1990. « Je n’ai plus jamais touché à la came. C’est une période de ma vie que je ne veux pas cacher. Elle m’a fait côtoyer la pauvreté, la discrimination et le rejet. » Tout ce contre quoi elle se bat encore.

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