[Dossier] Remettre le train sur les rails

TA TA TA DAM ! Et si cette musique de la SNCF nous invitait à nous intéresser à autre chose qu’à la LGV ? Le rail est aussi une question de liens entre villes et campagnes et de trajets quotidiens. Surtout dans une métropole comme Toulouse qui gagne chaque année 10 000 habitants. Dans ce contexte, comment le train peut garder une longueur d’avance ? Pour le savoir, le JT a fait un long voyage. S’arrêtant dans toutes les gares, pour écouter les voyageurs, les experts, les élus, les collectivités. Et les solutions sont là.

©FranckAlix
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Plus de 21 000 signatures. C’est ce qu’affiche la pétition lancée le 23 mars dernier par la mairie de Toulouse en faveur de la ligne à grande vitesse Paris-Toulouse. Par cette action, peu courante de la part d’une municipalité, Jean-Luc Moudenc demande à l’État de s’engager sur le financement des travaux de la LGV sur le tronçon Bordeaux-Toulouse pour une mise en service d’ici 2024. Alors qu’en juillet prochain, Paris ne sera plus qu’à quatre heures de la Ville rose grâce à la nouvelle ligne TGV Océane entre Bordeaux et la capitale, l’édile toulousain veut aller plus loin. Et il n’est pas le seul. Le 7 avril, plusieurs élus locaux se sont fendus d’une déclaration commune. Elle rassemble entre autres les deux présidents des régions Occitanie et Nouvelle Aquitaine, et les maires de Toulouse et Bordeaux, et demande également à l’État « de respecter ses engagements » en faveur de la LGV.

Aujourd’hui, le débat est monopolisé par ce projet. Ses défenseurs bataillent avec ceux qui, au contraire, arguent que le tronçon Bordeaux-Toulouse fera gagner seulement 50 minutes pour un investissement de plus de 9 milliards d’euros. Mais quid de l’avenir des autres trains ? Notamment ceux permettant d’assurer les trajets du quotidien à l’échelle de la métropole.

Le train ne représente pas plus de 2 % des trajets quotidiens dans la métropole toulousaine.

Dans ce domaine, l’enjeu est aussi de taille. Selon une étude réalisée par le SMTC-Tisséo en 2013, 3,8 millions de personnes se déplacent chaque jour dans l’agglomération toulousaine. La voiture est reine puisqu’elle assure 60% des trajets quotidiens quand le train, lui, n’en représente pas plus de 2 %. Peut mieux faire donc.

C’est ce que pensent d’ailleurs de nombreux usagers qui ont été consultés à l’occasion des États généraux du rail et de l’intermodalité organisés par la région Occitanie entre avril et juillet 2016. Une majorité d’entre eux ont exprimé le besoin d’une plus grande régularité et d’une meilleure ponctualité des trains. La Région a également annoncé qu’elle investirait 2,5 milliards d’euros de crédits d’ici 2030 pour améliorer le fonctionnement, les infrastructures et le matériel roulant.

Dans l’agglomération, les Conseils de développement (Codev) Toulouse Métropole, de Muret et du Sicoval appellent à valoriser le riche maillage ferroviaire de la métropole – Toulouse dispose en effet d’un réseau en étoile, ce qui n’est pas le cas de toutes les villes de France. Ils préconisent la création d’une autorité organisatrice des transports unique à l’échelle de la métropole, comme à Paris. Car aujourd’hui plusieurs acteurs cohabitent : Toulouse Métropole a la main sur le réseau des trams, de métro et de bus, la Région Occitanie sur les TER et l’État sur les trains grandes lignes.

Dans la région, ce travail est sur la voie. «Nous allons mettre en place d’ici la fin de l’année 2017 un groupement des autorités responsables de transport (Gart). C’est un lieu où les différentes autorités comme celle du fluvial, du ferré et de la route peuvent échanger » indique Jean-Luc Gibelin.

 



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