mercredi 25 novembre 2020
Economie La réindustrialisation par l’Usine du futur

La réindustrialisation par l’Usine du futur

Révolution. Rendez-vous incontournable des industriels du Grand Sud, le salon SIANE qui se tiendra du 21 au 23 octobre au Parc des Expositions, fête ses 10 ans. Jean-Claude Pasquiès, chargé du transfert de technologies et des relations publiques de l’événement, y organise une conférence sur l’Usine du futur.

 

Jean-Claude Pasquiès, vous êtes présents sur le salon SIANE depuis 10 ans, depuis ses débuts. Quelles évolutions avez-vous notées ?

En tant que co-organisateur du salon, j’ai d’abord vu une évolution en matière d’exposants. Aujourd’hui, nous en comptons environ 800 quand nous n’en recensions que 200 la première année. De même, nous enregistrions 3 000 visiteurs à nos débuts, pour arriver à 8 000 aujourd’hui. Du côté des entreprises, nous constatons une certaine fidélité. Sur les deux derniers salons, 2/3 des inscrits étaient déjà présents l’année précédente. Au bout de 10 ans, le SIANE est donc systématiquement en croissance.

 

De quelle manière est-il articulé ?

Le but de ce salon était de mettre des sous-traitants disposant de savoir-faire en relation avec de potentiels clients. Pour rendre l’événement plus attractif, nous avons développé une exposition d’équipements de production. La première année, nous avons présenté une douzaine de machines et nous en avons cette année 150, soit 800 tonnes de matériel. En parallèle, avec les partenaires institutionnels régionaux, nous mettons en place des stands sur lesquels ces derniers peuvent communiquer. Le salon est donc composé de trois parties : une dédiée aux entreprises, une autre aux nouvelles technologies de production et une dernière aux évolutions organisationnelles, aux soutiens publics.

 

Cette année, vous avez choisi « l’Usine du futur » pour thème…

Aujourd’hui, nous avons pris conscience que pourrions revaloriser les métiers de l’industrie grâce aux évolutions technologiques. L’usine du futur regroupe toutes ces dernières qui rendent les entreprises plus performantes. Nous y avons ajouté une spécificité française, à savoir la place de l’Homme dans cette usine du futur. Nous avons impliqué des structures d’emplois et de formations pour démontrer qu’eux aussi évoluent et sont capables d’accompagner une recherche d’emploi sur des métiers d’avenir extrêmement valorisant.

 

« Nous avons maintenant besoin d’une rupture »

 

Concrètement, qu’est-ce que l’Usine du futur ?

Il s’agit d’un concept très général qui met en place, dans les entreprises, de nouvelles technologies de production révolutionnaires, comme l’imprimante 3D, mais aussi une organisation inédite qui prend désormais en compte le rythme du facturing, la qualité… ainsi que tous les aspects liés à la robotique. Le gouvernement a édité des mesures pour améliorer la compétitivité et l’une d’entre elles se nomme « Usine du futur ». Le président de cette commission est Frédéric Sanchez, un industriel qui viendra développer ces concepts lors d’une conférence le mardi 21 octobre, de 18 à 20h.

 

À quel moment peut-on dire d’une entreprise qu’elle est une « usine du futur » ?

Ce concept s’adresse essentiellement aux sous-traitants qui disposent de savoir-faire. Ils doivent avoir des équipements flexibles et souples, car les cadences varient et les caractéristiques des produits également. Ils doivent pouvoir réagir rapidement à tout changement. Les outils doivent être performants en terme de robotisation, ce qui baissera les coûts et leur permettra d’être concurrentiels face aux pays « low cost ». De même, la partie logistique doit aussi être ultraperformante pour amener le produit sur le lieu d’assemblage.

 

La réindustrialisation en Midi-Pyrénées passe-t-elle alors par l’Usine du futur ?

Oui, car pour réindustrialiser, il faut s’équiper de nouveaux moyens de production, des technologies et des organisations autres que celles utilisées jusqu’à présent. Nous avons maintenant besoin d’une rupture. Notre premier atout majeur reste la présence d’Airbus sur notre territoire et du secteur automobile, non pas par son aspect mécanique mais par l’intelligence des systèmes de pilotage. Nous disposons également d’une force extraordinaire dans nos laboratoires, malheureusement nous n’en récoltons pas beaucoup de fruits. Peut-être faudrait-il intégrer une nouvelle communication et ainsi faire tomber les murs entre les chercheurs et les entreprises. L’Usine du futur permettra de rendre ces murs perméables, voire de les supprimer.

 

 

Severine Sarrat
Au journal depuis 2008, elle en connaît tous les rouages. D’abord journaliste polyvalente, puis responsable des pages économiques, elle est aujourd’hui rédactrice en chef.

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