Un Toulousain lance un site pour lutter contre l’addiction au porno

Ancien addict à la pornographie sur internet, le Toulousain Sylvain Guigni a lancé Addict-porno.fr, un site d’information et de conseil sur ce phénomène qui reste tabou dans la société.

Sylvain Guigni a connu l’enfer de la dépendance à la pornographie sur internet. Après son sevrage, il a lancé Addict-porno.fr, pour guider ces accrocs desquels la société détourne pudiquement le regard : « Il y a peu de ressources en ligne disponibles en français. On ne sait pas quel professionnel de santé appeler à l’aide. Surtout, on n’ose pas en parler autour de soi. » Le phénomène est de taille : à l’échelle mondiale, 27 % des vidéos visionnées sur internet sont pornographiques, indique le dernier rapport (septembre 2019) du spécialiste des équipements de réseaux canadien Sandvine. À titre d’exemple, Pornhub, la plus populaire des plateformes dédiées, a enregistré en 2019 plus de 45 milliards de visites, soit 115 millions par jour. Entre 3 et 6 % de la population sexuellement active pourrait en être dépendant et cette pathologie toucherait essentiellement des hommes, selon une étude de 2011 du Pr Florence Thibaut, de l’Institut national de la santé et de la recherche (Inserm). « Trop de personnes nient la réalité de l’addiction à la pornographie ou la violence de ce milieu. Pour elles, il y a alors un effet “double peine” : aux souffrances liées à leur maladie s’ajoute la crainte d’être rejeté et jugé », fait remarquer Sylvain Guigni.

Se faire accompagner

Dysfonctionnements sexuels, isolement, problèmes de couple, dépression et anxiété, vision déformée de la sexualité ou banalisation des pratiques violentes, « l’addiction à la pornographie peut faire des ravages, au même titre que l’alcool ou les drogues », témoigne Sylvain Guigni. Outre une mine d’informations et de conseils, il met gratuitement à disposition sur addictporno.fr le contenu d’une thérapie qui a fait ses preuves.
Et pour parachever sa démarche, il a lancé un groupe de discussion à Toulouse, il y a un an : « Il permet de libérer la parole dans un cadre bienveillant et empathique. C’est une aide supplémentaire qui se rajoute à un suivi individuel : il est en effet primordial de se faire accompagner par un professionnel de santé », conclut Sylvain Guigni.

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