mercredi 28 octobre 2020
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À Toulouse, les patrons de bars et restaurants demandent un plan d’urgence à Jean Castex

Les patrons de bars, hôtels, restaurants et discothèques de Toulouse se sont rassemblés devant la préfecture de Haute-Garonne ce vendredi matin, en marge de la visite du Premier ministre Jean Castex. L’occasion de lui demander un plan d’urgence pour ce secteur durement frappé par la crise sanitaire.

À Toulouse, les patrons de bars, hôtels, restaurants et discothèques demandent un plan d’urgence à Jean Castex ©PS

« On a la corde autour du cou et le sol peut se dérober à tout moment sous nos pieds », lance Hubert Faletans, président de la branche restauration de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie de Haute-Garonne (UMIH31). Avec une cinquantaine de professionnels du secteur, il est venu manifester, ce vendredi 9 octobre, devant la préfecture du département, en marge de la visite dans la Ville rose du Premier ministre Jean-Castex. L’occasion de lui demander un plan d’urgence. « 300 entreprises et 4000 emplois risquent de disparaître dans la métropole toulousaine d’ici la fin de l’année. 45 établissements, des cafés, des restaurants, des hôtels ou des discothèques, ont déjà entamé une procédure auprès du tribunal de commerce », annonce Hubert Faletans. Restaurateur dans la zone aéroportuaire de Toulouse-Blagnac, celui-ci a vu 80 % de sa clientèle déserter et son chiffre d’affaires s’écrouler de 60 %. Ses griefs à l’égard du gouvernement sont nombreux : « On attend toujours une exonération de nos charges sociales ; les loyers continuent à courir même lorsque l’on est fermé ; les critères d’obtention de certaines aides sont tellement stricts que seules les entreprises sur le point de mourir peuvent en bénéficier », etc.

« La dernière roue de la charrette »

Le taux d’occupation de l’hôtel de Frédéric Michel, dans le centre-ville de Toulouse, a chuté de moitié, « ce qui ne permet pas de couvrir les frais ». L’homme crie à l’injustice : « Je n’y suis pour rien s’il y a un virus. Nous payons les erreurs de gestion de la crise par le gouvernement. Si depuis le début de la pandémie, on avait injecté des milliards dans le système de santé et créé des lits d’hôpitaux, je pourrais travailler aujourd’hui. Mais qu’on nous laisse vivre ! » Patron d’un bar de nuit, Bernard Courrèges a lui été contraint de baisser son rideau, une nouvelle fois, fin septembre, avec l’interdiction d’ouverture après 22 heures. Il éprouve un profond sentiment d’abandon. « On est les oubliés du gouvernement, la dernière roue de la charrette. On donne des milliards à l’aéronautique et l’automobile et on laisse les indépendants comme nous sur le carreau. »
Alors que Jean Castex s’est entretenu, à huis clos, avec les président et vice-président de l’UMIH31, ce vendredi matin, les professionnels retiennent à présent leur souffle. Si, ce lundi, Toulouse bascule en zone d’alerte maximale, ils devront se soumettre à de nouvelles mesures sanitaires restrictives. Qui pourraient aller, pour les bars, jusqu’à la fermeture.

Philippe Salvador
Philippe Salvador a été reporter radio pendant quinze ans, à Toulouse et à Paris, pour Sud Radio, Radio France, RTL, RMC et BFM Business. Après avoir été correspondant de BFMTV à Marseille, il est revenu à Toulouse pour cofonder le magazine Boudu.

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