#PourEux Toulouse : 4 000 personnes cuisinent pour les plus démunis

Leur solidarité n’est pas confinée. Grâce à ses quelques 4 000 membres, le groupe Facebook #PourEux Toulouse cuisine et livre gratuitement plusieurs centaines de repas, chaque jour, aux plus démunis.

PourEux Toulouse
© #PourEux Toulouse

C’est dans la difficulté que l’on reconnaît ses amis. Et c’est aussi dans les crises que les bonnes volontés se font éminemment précieuses. En quelques semaines, le groupe Facebook #PourEux Toulouse à réuni plus de 4 100 personnes pour cuisiner bénévolement au profit des plus précaires. Chaque jour, ce sont jusqu’à 500 repas qui sont ainsi distribués aux sans-abri ou aux personnes logées dans des hébergements d’urgence, par une centaine de livreurs à vélo. Une initiative née à Lyon et qui connaît un franc succès dans la Ville rose. « J’ai découvert le mouvement sur la page d’une amie médecin urgentiste. J’ai trouvé l’idée géniale et j’ai eu envie de voir si cela prendrait à Toulouse », explique Muriel Vaillant, à l’origine du groupe local.

Cette jeune femme, qui travaille dans une pépinière d’entreprises, prend alors contact avec Allan Ballester, le fondateur du premier groupe à Lyon. « Il a immédiatement accepté et m’a expliqué le fonctionnement. Il y a une charte commune, une application dédiée pour les livreurs et un formulaire à remplir pour les gens qui cuisinent. Mais le fonctionnement reste autonome d’une ville à l’autre. C’est avant tout un mouvement citoyen », précise-t-elle.

Celle-ci souligne d’ailleurs que cette initiative vient compléter, et non se substituer, au travail des professionnels ou des associations déjà présents sur le terrain. « C’est un maillon supplémentaire pour éviter que la chaîne de solidarité ne s’effondre car il y a de plus en plus de personnes à la rue. »

7 700 repas livrés à Toulouse

Une semaine plus tard, les livreurs distribuent plusieurs centaines de repas en une journée. « N’importe qui peut cuisiner, même un seul repas. C’est sans engagement. Nous demandons simplement que les personnes respectent les consignes élémentaires d’hygiène. Les coursiers, eux, sont parrainés pendant une ou deux journées par un ancien, pour les former aux gestes barrière et s’assurer qu’ils adoptent la bonne attitude avec les bénéficiaires », détaille Muriel Le Vaillant.

Certains d’entre eux réalisent une quinzaine de trajets par jour, en général à vélo. Des déplacements, qui rentrent dans le cadre de ”l’aide aux personnes vulnérables”, autorisés en période de confinement et attestés par un justificatif de l’association. Ce sont ainsi près de 7 700 repas qui ont été distribués à la force du mollet, depuis l’éclosion de l’initiative à Toulouse.

« C’est plus qu’une belle dynamique. Pour moi, c’est un véritable apprentissage d’une nouvelle organisation sociale en période de crise, quand les services de l’État sont débordés », complète Suzanne*. Pour cette intermittente du spectacle, s’associer à l’élan solidaire était une évidence. Et malgré les difficultés financières, elle a déjà cuisiné deux repas pour « les copains », le nom que donnent les participants aux bénéficiaires. « Il a fallu que j’économise et que je trouve de quoi faire des plats supplémentaires. J’essaie de réfléchir aux contraintes des gens à la rue. Leur proposer un menu équilibré qu’ils puissent manger même s’il n’ont plus de dents, par exemple. Si je peux, je glisse aussi des produits d’hygiène, des copies d’attestation ou un livre dans les paniers », raconte-t-elle.

Des sourires et des remerciements

Si le succès a été immédiat, les participants sont convaincus que celui-ci ne sera complet que si le mouvement perdure. Ainsi, Muriel Le Vaillant essaie de convaincre les entreprises de jouer le jeu et faire participer leurs salariés. « Cela peut être un bon moyen de mobiliser et de souder une équipe autour d’une bonne cause », explique-t-elle.

Pour cette jeune femme dont c’est la première expérience d’engagement solidaire, cette crise doit nous pousser à une prise de conscience et à repenser notre rapport aux autres. « Par manque de temps, je n’avais jamais franchi le pas. Il m’a semblé que cette période était une bonne occasion pour mettre à profit mes compétences et aider les autres. Après tout, lancer des projets, c’est mon métier », ajoute-t-elle.

Aujourd’hui, elle consacre plusieurs heures par jour, en plus de son activité professionnelle et de sa famille, au développement du groupe. Une peine récompensée par la meilleure gratification qui soit : « Les sourires et les petits mots de remerciement qui remontent grâce aux livreurs. »

*Le prénom a été changé

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