lundi 30 novembre 2020
Actualités L'interview décalée de Christian Authier

L’interview décalée de Christian Authier

Romancier, essayiste et journaliste, Christian Authier aime jouer avec les mots et les manie à merveille. Pour preuve, le Toulousain a été primé au dernier Prix Renaudot, catégorie « essai », pour son dernier opus « De chez nous », publié chez Stock. L’esprit affranchi, il ne s’impose aucun tabou, même pas celui de répondre à nos questions… décalées.

 

La phrase que vous ne supportez pas d’entendre ?

Outre des expressions comme « Padesouci » ou « Padamalgam », il y a la phrase « On n’a pas le choix… » et ses variations « Il n’y a pas d’alternative… », « On est obligé… » qui servent souvent à accepter les pires renoncements, les pires soumissions. Or, on a toujours le choix, notamment de dire non.

Un cauchemar qui a hanté vos nuits ?

Je n’ai jamais réellement eu de cauchemar récurrent, mais j’ai fait, voici quelques jours, un rêve étrange et pénétrant. Marine Le Pen épousait Nathalie Kosciusko-Morizet. François Hollande était curé et procédait à la cérémonie tandis qu’Alain Juppé jouait à la guitare « Bamboleo » des Gipsy Kings et que DSK, tenant des propos orduriers, était évacué de l’église par Franck Ribéry et Zahia reconnaissable malgré sa burqa… Si un lecteur du Journal Toulousain pouvait m’expliquer la signification de ce rêve…

Quel est votre plus beau souvenir d’enfance ?

Steve McQueen arrachant l’affiche au générique d’Au nom de la loi.

Votre plus grosse gaffe ?

Répondre à cette interview.

Votre plus grande peur ?

Quand un type, au milieu de la nuit, à une station de taxi du boulevard Saint-Germain, m’a dit en souriant et en posant sa grosse main droite sur ma nuque : « Tu ne me reconnais pas ? On m’appelle le Russe… »

Votre plus belle expérience ?

Ne plus jamais avoir revu « le Russe ».

Votre plus gros fou rire ?

Le soir où un ami tenta de jouer « God Save the Queen » à la trompette.

Quelle est votre émission TV préférée ?

Ma télévision n’a plus accès aux chaînes depuis des années. Donc, je citerai mon « ex » émission préférée : le ciné-club de Claude-Jean Philippe sur Antenne 2, le vendredi soir après Apostrophes.

 

 « Marine Le Pen épousait Nathalie Kosciusko-Morizet. François Hollande était curé et procédait à la cérémonie tandis qu’Alain Juppé jouait à la guitare « Bamboleo » des Gipsy Kings… »

 

Et celle que vous détestez ?

J’allume parfois la télévision dans des hôtels. J’ai ainsi découvert voici plus d’un an, à plusieurs reprises, une émission animée par Cyril Hanouna dont j’ai oublié le titre. Vous la reconnaîtrez : une bande de crétins est rassemblée sur un plateau et ces idiots, d’une vulgarité rare, commentent d’autres émissions, voire commentent leur propre émission de la veille en riant aux éclats. Une telle bêtise auto-satisfaite m’a fasciné. Il paraît que ce programme a beaucoup de succès.

Qu’est-ce qui vous fait rire ?

Bernard-Henri Lévy, Jacques Chirac, Pierre Desproges, les Monty Python, Philippe Vuillemin, Will Ferrell, Buster Keaton, Pierre Guèze…

Quel est votre péché mignon ?

Essayer de ne pas pécher.

La pire soirée que vous ayez connue ?

Le match France-Allemagne du 8 juillet 1982 à Séville. De quoi instiller chez l’enfant que j’étais, alors âgé de douze ans, une vive germanophobie que, par la suite, une connaissance plus approfondie de l’histoire du XXe siècle achèvera de conforter.

Le pire cadeau que vous ayez offert?

« Le Lys et la cendre » de Bernard-Henri Lévy. Mais c’était délibéré…

Votre restaurant toulousain préféré?

À déjeuner, parce qu’il n’est ouvert qu’à déjeuner : Le Tire Bouchon, place Dupuy. Le soir : La Pente douce, rue de la Concorde.

Quelle est la chanson que vous aimez fredonner sous la douche?

En fait, je ne fredonne ni ne chante jamais sous la douche, mais si je devais le faire, ce serait Le Chant des Partisans.

Quel est votre gadget préféré?

Sûrement pas le téléphone portable et ses possibilités d’accès aux réseaux dits « sociaux » qui ont rendu nerveux, maniaques, impatients, narcissiques, grossiers, tant de contemporains. Alors, je dirai mon porte-clés.

Quelle est votre destination préférée?

Le Comptoir du Relais, carrefour de l’Odéon.

Quel est votre animal préféré?

Le cochon.

Si la fin du monde approchait, que vous empresseriez-vous de faire?

Je mangerais du cochon et je boirais du tavel d’Eric Pfifferling en relisant L’Évangile selon Matthieu. Musiques : Fly me to the Moon de Sinatra et Derniers temps de Michel Houellebecq, en boucle. Jusqu’à la résurrection…

 

 

 

 

 

 

 

 

Severine Sarrat
Au journal depuis 2008, elle en connaît tous les rouages. D’abord journaliste polyvalente, puis responsable des pages économiques, elle est aujourd’hui rédactrice en chef.

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