[Elle mérite la une] Laurie Boithias : Comme un poisson dans l’eau

Laurie Boithias (25-09-2017)┬®franckalix-6
Maylis Jean-Préau

La jeune chercheuse toulousaine vient de rentrer d’une mission au Laos avec l’Institut de recherche pour le développement. Elle a commencé à percer les mystères de la pollution de l’eau. Nous l’avons retrouvée à Rangueil, au sein du laboratoire Géoscience Environnement Toulouse, entourée de ses précieux échantillons de H²O.

Terrain. Cet été, pendant deux mois, Laurie Boithias a vécu à Laksip, un petit village au nord du Laos. « Il y a un bassin versant qui a été choisi dans les années 90 comme base pilote par les scientifiques. Le cours d’eau est entouré de champs où les paysans cultivent essentiellement le teck », explique-t-elle. Sa mission : mieux comprendre les chemins pris par la bactérie E.coli, présente naturellement dans la flore intestinale de l’homme et des animaux, pour passer de la terre à l’eau. « Dans l’imaginaire collectif, le sol joue un rôle de filtre or, nous retrouvons dans la rivière des bactéries présentes dans les déjections des animaux. »

Agronome. Née en Belgique de parents français, Laurie Boithias a eu envie de faire de la recherche dès ses premiers cours sur les bancs de l’École nationale supérieure d’agronomie de Toulouse (ENSAT). Son diplôme en poche, elle travaille comme ingénieur. « Je pensais que c’était trop compliqué de s’orienter vers la recherche », glisse-t-elle. La jeune femme cumule les expériences et part en Thaïlande pendant un an.

Virage. « J’ai fait une thèse avec le laboratoire d’écologie fonctionnelle et environnement EcoLab ! C’est comme ça que je me suis tournée vers l’environnement », se souvient-elle. Moins exotique, sa thèse a pour décor un bassin du Gers où elle étudie les chemins parcourus par les pesticides dans la nature, jusque dans l’eau puisée pour notre consommation. Depuis, Laurie Boithias se passionne pour les questions écologiques : elle a notamment travaillé en Espagne sur les écosystèmes et dans les régions méditerranéennes sur les crues éclair qui touchent les rivières

E=mc². La talentueuse chercheuse vient de remporter le Concours national des astronomes et physiciens. « Je vais devenir physicien adjoint », s’amuse-t-elle. « Surtout, je vais continuer mon travail sur la pollution de l’eau, mais en observant plusieurs sites du sud-est asiatique. »

Application. Laurie Boithias espère que ses recherches auront, à terme, un impact concret. « Si l’on arrive à bien comprendre comment fonctionnent les circuits de pollution, nous pourrons donner des informations aux pouvoirs publics et proposer des solutions pour changer les habitudes. »

 

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