Des militants bloquent Amazon et dénoncent l’impunité des multinationales

À sept heures ce matin, des militants de plusieurs associations ont dressé un barrage filtrant devant l’entrée de l’entrepôt d’Amazon. Une opération organisée pour dénoncer les pratiques des multinationales et exiger un moratoire sur l’implantation de zones commerciales.

Des militants bloquent Amazon
© JT

L’opération a été baptisée “Dark side of the moon”. Ce matin, vers sept heures, 70 militants d’Action non-violente Cop 21 (ANV COP21), des Amis de la Terre, des Gilets jaunes, d’Extinction Rebellion et du collectif Y’a pas d’arrangement, ont déversé un monceau de pneus devant le portail du dépôt toulousain d’Amazon, le géant américain du commerce en ligne. « Amazon n’est pas une cible en soi, mais c’est un symbole de l’impunité, notamment fiscale, dont jouissent les multinationales. Nous leur reprochons des pratiques qui détruisent notre environnement, qui favorisent la surconsommation et la casse sociale », résume Alice Bondel, activiste de ANV Cop 21.

« S’il le faut, on restera toute la semaine »

Pour ne pas pénaliser les personnels et les livreurs, majoritairement sous-traitants, les militants ont opté pour un barrage filtrant. « Nous leur permettons d’entrer pour faire acte de présence, mais nous ne laissons sortir que les camions vides », précise-t-elle. « Notre exigence principale est que le gouvernement fasse, dans le cadre du projet de loi sur l’économie circulaire qui sera présenté en juin, un moratoire sur l’installation de nouvelles zones commerciales. Le but est d’aboutir à l’arrêt des implantations de la grande distribution, car ce modèle détruit plus d’emplois qu’il n’en crée », complète Caroline Boucher, également engagée dans ANV Cop 21.

Préparés à tenir le barrage au moins jusqu’au lendemain, les militants ont prévu d’organiser une conférence sur la consommation, un débat mouvant et des concerts. « On va voir comment ça se passe, mais s’il le faut, on restera toute la semaine », lance Gwarr, l’un des activistes.


 

Mis à jour le 04-07-2019

De son côté, la société Amazon se défend des critiques émises a son encontre et affirme dans un courriel que “les déclarations faites [par les militants] sont incorrectes. Amazon paie l’ensemble des impôts requis en France ainsi que dans l’ensemble des pays dans lesquels Amazon opère”. Si la société se félicite de créer “1800 nouveaux emplois en CDI en 2019”, elle n’apporte toutefois aucun élément factuel ni de chiffres concrets sur sa politique fiscale.

“Amazon développe une stratégie d’évitement fiscal basée sur des montages financiers complexes et difficiles à démontrer. C’est une société qui a une politique d’opacité et ne rend public ni le nombre de ses ventes ni son chiffre d’affaires (CA). Ce dernier serait estimé, en 2017, à 8 milliards d’euros pour ses activités en France. La même année, le montant de son impôt sur les sociétés correspondait à 0.46 % de son CA”, dénonce Caroline Boucher.

“Ces chiffres sont confidentiels et internes”, explique l’un des responsables du service presse de la société que nous avons contacté pour obtenir des précisions, avant d’insister : “Nous payons toutes les impôts requis”.

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