jeudi 9 décembre 2021

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Actualités Le policier d’Aucamville mis à pied

[Coulisses] Le policier d’Aucamville mis à pied

La sentence a été signifiée au brigadier-chef principal de la police municipale d’Aucamville qui avait rédigé une lettre ouverte à l’attention de son maire pour lui demander l’armement de sa brigade : une exclusion temporaire de ses fonctions durant trois jours.

Le maire d’Aucamville, Gérard André, vient de prendre un arrêté à l’encontre du brigadier-chef principal Christopher Perez, signifiant à ce dernier sa mise à pied de trois jours (du 14 au 16 mars inclus) pour « manquement à son devoir de réserve et violation du respect hiérarchique », décision pour laquelle il déposera certainement un recours au tribunal administratif : « Ne pas le faire reviendrait à approuver la sanction, or je la dénonce car je ne souhaitais que faire avancer les choses pour toutes les polices municipales en demandant aux maires, en général, de prendre en considération les risques pris par leurs agents », confesse-t-il. De même, l’agent se voit infliger une retenue de 3/30e sur sa rémunération. Cette condamnation fait suite à la publication d’une lettre ouverte que le policier a adressée à son maire, via une parution dans le Journal Toulousain du 21 janvier dernier, dans laquelle il demandait le port d’armes létales pour l’instant refusé par Gérard André. « Les maires sont responsables de leurs agents […], ils ne pourront pas se soustraire à leurs responsabilités et devront en assumer toutes les conséquences », pouvait-on y lire. Ces propos, jugés diffamatoires par la mairie d’Aucamville, pourront faire l’objet d’une plainte que le Conseil municipal a autorisé Gérard André à déposer « aux fins de protéger ses droits ».

« Je ne souhaitais que faire avancer les choses pour toutes les polices municipales »

D’ailleurs, pour permettre cette action en justice, les conseillers municipaux d’Aucamville, lors de leur séance régulière du 3 mars dernier, ont octroyé au maire une protection fonctionnelle qui permettra à la commune de « prendre en charge les honoraires de l’avocat ainsi que tous les autres frais liés à cette procédure. » Cette protection a été demandée à deux titres : « la présomption de faits constitutifs de diffamation, d’outrage et de dénonciation calomnieuse concernant les conditions de travail. » Pour le policier, c’est l’incompréhension la plus totale : « C’est de l’acharnement ! Je me suis fait agresser l’année dernière par un déséquilibré qui évoquait les attentats à Charlie Hebdo. Je fais donc état d’un risque réel. D’autant que nous sommes maintenant tenus de patrouiller seuls ! Où est la calomnie ? » Pour ces faits d’ailleurs, qui remontent à février 2015, Christopher Perez a bénéficié lui aussi d’une protection fonctionnelle, entérinée au même conseil municipal que celle de Gérard André qui le sanctionne aujourd’hui pour avoir dénoncé ce pourquoi la protection lui a été accordée. « C’est le monde à l’envers ! Cela signifie bien que ma demande d’armement n’était pas dénuée de sens ! » explique le policier. Pour l’heure, une pétition a été lancée sur internet pour dénoncer la mise à pied de l’agent. Elle a déjà recueilli 680 signatures.

Severine Sarrat
Au journal depuis 2008, elle en connaît tous les rouages. D’abord journaliste polyvalente, puis responsable des pages économiques, elle est aujourd’hui rédactrice en chef.
 

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