À Toulouse, des demandeurs d’asile hébergés grâce au programme Welcome

HOSPITALITÉ. Durant l’analyse de son dossier, chaque demandeur d’asile a le droit d’être hébergé. Mais les places manquent. Des particuliers leur ouvrent leurs portes : à Toulouse, 250 familles se sont portées volontaires à travers le réseau Welcome. Charline Poullain

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© Franck Alix

Au rez-de-chaussée d’une très belle maison d’Auzeville-Tolosane, au bout d’un couloir, une porte s’ouvre sur une chambre avec dressing et salle de bain attenante. Devant la baie vitrée qui donne sur le jardin, une table est remplie de papiers. Cette pièce est un univers à elle seule. Car des personnes venues du bout du monde pour demander asile à la France ont la chance de pouvoir y poser leur maigre bagage. «On s’aperçoit que ça devient leur refuge », dit Chantal Bellocq. « C’est un “chez eux”, ils peuvent y laisser tomber leur angoisse, leur fatigue, se reconstituer.»
Depuis trois ans, son mari et elle accueillent des gens ayant fui leur pays. En Haute-Garonne, l’État a enregistré 1 239 demandes d’asile en 2016 et 1 670 en 2017. Pour proposer des solutions d’hébergement, 1 301 places leur sont dédiées : 1 223 pour les demandeurs d’asile, dont 60 créées l’an dernier, et 78 pour ceux ayant obtenu le statut de réfugié. De plus, 400 sont dénombrées en hôtels.

 « On s’est dit pourquoi pas? Ça ne coûte rien, on a trois chambres libres. »

Ainsi, Paul (le prénom a été changé), jeune homme centrafricain de 27 ans, qui vit à Auzeville depuis une semaine, n’a jamais trouvé à se loger. «Je suis arrivé le 19 août 2016. J’ai d’abord habité chez un cousin, puis j’ai passé des nuits dehors. Et l’on m’a présenté Welcome.» Ce programme du Service jésuite des réfugiés est un réseau d’hospitalité pour demandeurs d’asile. Il existe 40 antennes en France. Les époux Bellocq, tous deux retraités, ont adhéré à celle de Toulouse à son ouverture en 2014. «On s’est dit pourquoi pas ? Ça ne coûte rien, on a trois chambres libres ». Celles de leurs trois enfants.
Leur premier hôte était Congolais. Depuis, il y en a eu six autres, venus d’Afrique et d’Afghanistan. «Ce n’est pas forcément très prenant», assure Chantal Bellocq. En général, ils partagent le petit-déjeuner et le dîner, mais le reste du temps le migrant effectue ses formalités, prend des cours de langue… D’où l’importance d’être à proximité du réseau de transports en commun.
Chaque famille ne reçoit qu’une à deux personnes par an : une à la fois et pour un mois seulement. Actuellement, 72 foyers sont sollicités, pour une douzaine de migrants accueillis. 250 familles se sont déjà portées volontaires et de nouvelles sont toujours recherchées. Car les coordinateurs du réseau, dont Jean-François Bellocq, sont contactés au quotidien par des associations qui ne parviennent pas à loger des personnes seules.
Parmi ces bénévoles, des tuteurs, comme Chantal, épaulent chaque migrant. «Ce n’est pas facile d’arriver dans une famille que l’on ne connaît pas », assure Paul. « Mais ici, l’accueil est chaleureux. Et c’est bien de voir une culture différente de la mienne.»

http://www.welcometoulouse.fr/

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