Radicaux : divorce au MRSL sur fond d’élections européennes

Le mariage n’aura pas supporté la première épreuve. Un an après avoir acté la réunification des deux partis radicaux au sein du Mouvement radical social libéral (MRSL), les cadres du PRG rendent leur alliance. Entre ex et anciens ex, difficile de s’y retrouver.

Laborde Bolzan Delahaye

Le 9 décembre 2017, les membres du Parti radical de gauche (PRG) et les radicaux Valoisiens célébraient la réunification de leurs deux partis, après 46 ans de séparation, sous la bannière du Mouvement radical social libéral. Un an plus tard, à l’approche des élections européennes, le comité exécutif du PRG, dont sa présidente Sylvia Pinel, claque la porte et reprend son étiquette.

« C’est un véritable binz. Je ne sais plus où j’habite »

Seulement quatre fédérations départementales la suivent, dont celle du Tarn-et-Garonne, fief de Jean-Michel Baylet. Alors qu’elle était censée rassembler les mouvements radicaux sous un étendard unique et lui permettre de s’imposer comme force centriste, l’opération aura, à l’inverse, abouti à la création de trois partis pratiquement homonymes. Radicaux de gauche (RG), Parti radical de gauche et Mouvement radical social et libéral. « C’est un véritable binz. Je ne sais plus où j’habite », se désole Françoise Laborde, sénatrice MRSL issue du PRG.

Désaccord sur le principe d’une liste autonome aux Européennes

Si la répartition des directions fédérales locales et l’élection du futur président ont pu faire grincer quelques dents, c’est un accord préfigurant un rapprochement avec la République en Marche pour les Européennes qui a mis le feu aux poudres. « Nous avions validé le principe d’une liste autonome et cet engagement a été renié », dénonce Christophe Delahaye, ancien président du PRG de Haute-Garonne, qui a décidé de quitter le MRSL. Pour lui, l’union avec la REM mettrait en danger la capacité du mouvement à faire entendre sa voix sur des sujets importants.

Entre alliance avec le gouvernement et autonomie

Un prétexte pour Jean-Jacques Bolzan, président du MRSL de Haute-Garonne, d’origine valoisienne. « Ce sont les mêmes qui avaient fait alliance avec lui pour les législatives et qui, aujourd’hui, évoquent cette raison pour rompre leur engagement. S’il y avait des divergences, il fallait attendre le congrès du 9 mars et faire trancher la question par les militants. » Bien qu’attachée à l’autonomie du mouvement, Françoise Laborde déplore aussi cette scission. « Le plus important, c’est la défense du projet européen. Il faut évidemment rester vigilant à ce que cette alliance ne devienne pas une mise sous tutelle. » Pour Christophe Delahaye, un rapprochement entre RG et PRG est à nouveau envisageable mais doit se faire « en prenant le temps de discuter et de reconstruire un projet ».

3 Commentaires

  1. Il n’y a jamais eu d’accord entre le PRG et LREM pour les législatives de 2017 ! mais avec le PS.
    Les radicaux de gauche élus à l’AN l’ont été a titre individuel et avec l’étiquette En Marche, ils n’ont pas d’ailleurs réintégré le parti.
    Le MRSL est un echec, 40 fédérations sur une centaine n’ ont pas fusionnées faute d’adhérents favorables notamment du PRG (Tarn, Ariège, Aveyron,…) ou à cause de réels désaccords entre valoisiens et radicaux de gauche (Alpes Maritimes,…). Là où il y eu fusion des difficultés ont fait très rapidement leur apparition (Haute Garonne, Morbihan, Haute Loire, Pyrénées Atantiques,…).La volonté des valoisiens de préempter le PRG, ses finances et de verrouiller le système était malheureusement une réalité.

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