Un Nouveau Monde qui n’a plus rien de commun

DIVORCE – Au Conseil régional, le groupe Nouveau Monde en Commun, qui rassemblait à l’origine des élus écologistes, PCF, Parti de gauche et des régionalistes, n’existe plus. Un groupe baptisé Nouveau Monde a été créé fin décembre sans les quatre élus de la France Insoumise. Explications.

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© Nouveau Monde

Le 22 janvier dernier, Liem Hoang Ngoc, Myriam Martin, Jean-Christophe Sellin et Guilhem Serieys, les quatre conseillers régionaux France Insoumise publiaient une déclaration où ils prenaient acte de la décision des élus EELV, PCF et régionalistes de fonder un nouveau groupe. Dans ce texte, ils regrettent notamment que ces derniers « se soient fortement éloignés des engagements […] pris devant les électeurs » en défendant les orientations de la majorité PS au Conseil régional.

Nicolas Cossange, coprésident communiste du groupe Nouveau Monde confirme sa création dès décembre dernier. « Cela ne fait que marquer sur un plan administratif une situation qui dure depuis un an. Je n’ai jamais entendu autant les élus France Insoumise se réclamer du groupe et être aussi unitaires que depuis cette semaine. Il n’y avait plus de travail de groupe avec ces élus. »

Il pointe des postures permanentes alors que « 80 à 90 % de nos votes vont rester similaires ». Pour lui, les différends sur le fond n’étaient pas si graves puisque « c’était le concept même de cette expérience unique » née lors de la campagne pour les régionales et qui rassemblait en effet des sensibilités diverses.

Pourtant, plusieurs votes avaient montré des scissions au sein du groupe, notamment sur la question centrale du budget. « Quand on voit durant les votes qu’il n’y a aucune critique sur tel ou tel aspect du budget, sur telle subvention, que tout est voté, on se dit qu’il y a un problème et qu’il fallait faire une liste commune avec le PS », soulève Myriam Martin. « Mais on ne peut pas faire une liste en disant qu’on va poser les jalons d’une alternative. Malgré l’alliance, vous pouvez continuer de vous battre au sein de l’institution sur ce qui a fait l’essence de votre candidature. » L’élue cite notamment l’augmentation du temps de travail pour les agents régionaux. « Quand vous abdiquez sur vos propres principes pour aller dans le sens de celui qui dirige… », s’insurge-t-elle, soulevant la mauvaise image renvoyée par les politiques. « En colère », Myriam Martin regrette « de découvrir les raisons de cette séparation au travers des réactions à notre communiqué alors qu’il n’y a pas eu de discussion préalable dans du groupe ».

Nicolas Cossange, lui, veut jouer l’apaisement soulignant « la responsabilité des quatre élus qui ne sont pas allés jusqu’à rendre leurs délégations et qui sont restés dans la majorité ». Les élus de la France Insoumise ne peuvent pas constituer de nouveau groupe, le seuil ayant été fixé à sept membres au début de la mandature. Pas sûr pour autant que leurs voix s’entendent moins en tant que non inscrits.

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