Quand le Mouvement des jeunes socialistes joue la fronde

Rififi. Les 10 et 11 février derniers, le Mouvement des jeunes socialistes (MJS) organisait son congrès. Depuis, certains militants dénoncent des fraudes et pointent du doigt la proximité entre la nouvelle direction et Benoît Hamon. En Haute-Garonne, le président de la fédération Daniel Molina fait partie des contestataires et n’hésite pas à parler de scission.

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© Franck Alix

Le dernier congrès a mis à jour les divisions au sein du Mouvement des jeunes socialistes (MJS). Issue de Transformer à gauche, le courant majoritaire considéré comme hamoniste, Roxane Lundy, à peine élue présidente voit sa place discutée. À la tête de la fronde, les deux courants minoritaires, La fabrique du changement, classé comme aubryste et Agir en jeunes socialistes qualifié de social-démocrate. Le nœud du problème, d’après les contestataires : un scrutin illégitime. Au MJS, les élections sont calquées sur le modèle américain. Les fédérations votent dans un premier temps pour des motions – celle du courant majoritaire est arrivée en tête à 69,5% – et élisent ensuite des délégués qui, eux, valident la présidence. Mais sur 291 délégués, seuls 166 ont pris part à ce second scrutin. Les courants minoritaires ayant décidé de boycotter l’élection : « Nous n’avions pas accès à la liste avant le vote pour la présidence. On ne sait même pas si les gens qui sont sur cette liste sont effectivement délégués au Congrès ou sont adhérents du MJS », relate très remonté Daniel Molina (à droite sur la photo), président du mouvement en Haute-Garonne et membre de La fabrique du changement.

L’ombre des ainés

Il y a peu, Daniel Molina qui se dit « prêt à la scission », appelait au départ des hamonistes. Aujourd’hui il nuance son propos : « La pluralité des idées est saine, mais ceux qui sont séduits par Génération.s, le mouvement lancé par Benoît Hamon, n’ont qu’à le rejoindre ». Ce que vient notamment de faire l’ancien président du MJS, Benjamin Lucas. Au-delà des fraudes, c’est bien la proximité entre les deux formations qui pose question. « La présidente actuelle était membre de l’équipe de campagne de Benoît Hamon. On est en train d’utiliser cette organisation pour attirer ses sympathisants vers Génération.s », souligne Manuel Soula, membre du bureau national jusqu’au dernier congrès. Des critiques et des accusations de tricherie qui en réalité cachent une manœuvre politique estime Hugo Petrachi (à gauche sur la photo), affilié au courant majoritaire. « Il aurait fallu beaucoup frauder pour avoir 40% d’écarts des voix », note-t-il ironique avant de préciser : « Je pense qu’ils souhaitent déstabiliser le mouvement et sont en lien avec des candidats à la présidence du PS. Ces derniers ne veulent pas d’un MJS contestataire. »

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