Laïcité à géométrie variable ?

Alors que le gouvernement a fait de la laïcité l’un de ses chevaux de bataille, le président de la République est accusé de mettre à mal la loi de 1905 qui sépare Église et État. S’exprimant face à des représentants catholiques, le chef de l’État a affirmé que l’Église doit prendre sa part dans les débats publics. Qu’en pensent les élus locaux de La République en Marche ? – Vanessa Vertus, avec Philippe Salvador

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C’est un discours qui a fait couler beaucoup d’encre. Le 9 avril dernier, le président de la République était invité par des responsables du clergé catholique au collège des Bernardins, à Paris. Lors de cette soirée organisée par la Conférence des évêques de France, le chef de l’État qui s’exprimait devant 400 personnes – des clercs mais aussi des responsables d’associations catholiques – a appelé l’Église à prendre part aux questions de société. « Ce à quoi je veux vous appeler ce soir, c’est à vous engager politiquement dans notre débat national et dans notre débat européen car votre foi est une part d’engagement dont ce débat a besoin », a-t-il indiqué. Et de conclure son discours-fleuve et truffé de références aux penseurs catholiques par un souhait : celui de voir l’Église et l’État « accomplir de grandes choses ensemble ». Des propos forts qui ont provoqué l’ire de nombreux élus de gauche mais qui en ont séduit d’autres à droite. « Le signal envoyé par Emmanuel Macron aux catholiques est positif pour la France. Toutes les confessions peuvent, par leurs valeurs de tolérance, d’humanisme et d’écoute, apporter au pays par leur engagement », twittait le maire de Toulouse au lendemain de cette soirée.

Ce signal va-t-il à l’encontre des valeurs de La République en Marche qui, au travers d’un plan gouvernemental, veut faire de l’éducation à la laïcité une priorité dans les établissements scolaires ? Pas pour Sandrine Mörch. Députée LREM de la 9e circonscription de Haute-Garonne, elle travaille à la publication d’un rapport pour prévenir la radicalisation dans les écoles. « Je trouve très sain de toujours se poser la question de la relation entre l’État et les cultes. On ne peut pas toujours penser de façon binaire », commente l’élue avant de préciser : « Il me semble qu’Emmanuel Macron a plutôt indiqué qu’il attendait beaucoup de la religion tout en précisant que l’Église n’avait rien à attendre de lui, en vertu de la loi de séparation de l’Église et de l’État. Dans ces temps perturbés, chaque citoyen, y compris parmi les responsables religieux doit pouvoir s’engager et nourrir la réflexion collective ». Même s’il concède que la mise en scène de l’intervention présidentielle pouvait être exagérée, le représentant départemental de LREM Pierre Casteras se dit également à l’aise avec ces propos. « Je suis profondément laïque et agnostique et selon moi, Emmanuel Macron n’a fait que rappeler une réalité française : si l’État est laïque, la société n’est pas obligée de l’être. Un discours qu’il a tenu indifféremment devant les représentants des cultes protestant, juif et musulman. »

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