[Interview XXL] Jean-Jacques Bolzan : « Après les régionales, il faudra retravailler la gouvernance de l’UDI 31 »

©Coralie Bombail/JT
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EQUILIBRISTE. Numéro 3 de la liste de Dominique Reynié aux élections régionales, Jean-Jacques Bolzan est le chef de file UDI de la campagne en Haute-Garonne. Egalement adjoint à la mairie de Toulouse, il envisage d’alléger sa délégation afin de se dégager du temps pour la campagne et pour ses éventuelles futures fonctions à la Région. À moins d’un mois du premier tour, son rôle est de mobiliser son camp, alors même que l’UDI, au niveau national, lâche D. Reynié…

La campagne de Dominique Reynié est mouvementée… Entre les doutes sur son éligibilité, et maintenant les modifications de liste dans le dos de Nicolas Sarkozy, les polémiques s’enchaînent. Est-ce que vous jugez que tout cela nuit au candidat ?

Ce sont des polémiques que l’on ressent en interne, mais lorsqu’on va sur les marchés au contact des citoyens, nous n’avons pas de remarques là-dessus. Je pensais que ce serait plus problématique. Il faut dire que les gens sont dans la campagne sans y être, ils vont commencer à s’y intéresser vraiment dans les 15 derniers jours. Ce qui m’inquiète, c’est les dates de l’élection. Début décembre, les gens ont d’autres choses à penser. D’autant que le 13 (jour du second tour), les commerces seront ouverts.

Pourtant, Dominique Reynié est faible dans les sondages. Il n’a encore jamais été donné gagnant au second tour…

Je pense que l’on peut gagner. Il peut y avoir une triangulaire et même une quadrangulaire au second tour, si Gérard Onesta ou Philippe Saurel se maintiennent. On ne sait pas comment ça peut évoluer. En attendant, Dominique Reynié s’affirme de réunion publique en réunion publique. La semaine dernière à Bruguière, il a scotché la salle. Après ce qu’il venait de faire aux Républicains, il fallait le faire ! Il a, certes, sa manière à lui de faire les choses, mais nous avons un bon capitaine pour ces élections.

L’accord entre l’UDI et Les Républicains a été difficile à établir. Êtes-vous satisfait de la place de votre parti sur la liste de Dominique Reynié ?

La liste en Haute-Garonne respecte l’accord national passé entre Nicolas Sarkozy et Jean-Christophe Lagarde, qui prévoit que l’UDI doit représenter 30% des listes. Nous avons 6 UDI pour 22 Républicains, donc on s’y retrouve (en retirant les candidats issus de la société civile). Ici, l’entente entre les deux formations se passe très bien. Nous nous coordonnons pour organiser les actions de terrain et les temps forts de la campagne.

Cet accord est décrié autant en Haute-Garonne qu’à Paris…

Il y en a toujours quelques uns qui rechignent… Mais la globalité des militants est mobilisée dans la campagne. Pour l’instant, le temps est à l’élection. Ensuite, viendra le temps de la reconstruction de l’UDI en Haute-Garonne. Dans le premier semestre 2016, nous aurons des élections internes. Il faudra retravailler la gouvernance afin qu’elle soit plus ouverte et plurielle.

« La liste en Haute-Garonne respecte l’accord national passé entre l’UDI et Les Républicains »

À la mairie de Toulouse, vous avez une importante délégation (commerce, artisanat, droit de voirie, démocratie locale, lutte contre les nuisances sonores, gestion des marchés…). En cas d’élection de Dominique Reynié, comment pourrez-vous conjuguer vos fonctions à la mairie et à la Région ?

Je suis en train de regarder comment je peux améliorer et optimiser tout ce travail. J’ai déjà cédé une partie de ma délégation à Jean-Baptiste de Scorraille : la démocratie locale et la coordination des mairies de quartier. Nous étudions avec Jean-Luc Moudenc ce que je peux garder et ce que je peux encore déléguer à certains de mes collègues à la mairie. Il est certain que je ne peux pas tout faire. Par ailleurs, je suis encore visiteur médical, je suis en train de négocier actuellement pour une suspension de mon contrat de travail.

Si vous deviez dresser un bilan de votre action à la municipalité, quelles seraient les trois actions principales que vous citeriez ?

J’ai mis en place une réunion interservices mensuelle, pour lutter contre les nuisances sonores, avec un représentant de la préfecture, un représentant de la police et un représentant des débits de boisson. En ce qui concerne le droit de voirie, j’ai décidé de mettre en ligne toutes les autorisations  de terrasses pour davantage de transparence. Nous avons également repris en main l’attribution de tous les marchés. Tout passe aujourd’hui par une commission des marchés. Et puis, dès le début du mandat, j’ai mis en place les mairies de quartier, qui ont permis d’instaurer une plus grande proximité. Aujourd’hui, nous étudions comment améliorer ce système, en mettant en place des référents pour chaque maire de quartier, qui feraient le lien avec les adjoints.

 

Si vous êtes élu au Conseil régional, est-ce que vos fonctions à la Région resteront dans le même domaine ?

Oui, je souhaiterais que mes attributions restent dans le même domaine compétences. Cela me permettrait de mener une action plus cohérente, entre la métropole et la Région. Je suis également président des marchés de gros au niveau national, donc tout ferait sens.

CV express :

Né le 12 août 1964

À Toulouse

Profession : Délégué médical

Fonctions politiques : Adjoint à la mairie de Toulouse et conseiller métropolitain

Militant politique depuis 1989 (premier engagement au Centre des démocrates sociaux)

Signe distinctif : pragmatique

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