En Occitanie, la parité n’est pas respectée dans les conseils municipaux

Une étude de l’Insee révèle que seuls 39 % des conseillers municipaux occitans sont des femmes. Malgré une législation toujours plus stricte, la parité est loin d’être atteinte.

En Occitanie, toutes villes confondues, moins de quatre conseillers municipaux sur dix sont des femmes, rapporte l’Insee. Un niveau proche de celui observé dans l’ensemble de la France (40 %). Cette part s’établit à 35 % dans les communes de moins de 1 000 habitants (huit sur dix dans la région), où aucune législation ne contraint à la parité. « Preuve que la volonté ne suffit pas. C’est bien la loi qui, depuis le début des années 2000, a fait progresser la représentation des femmes parmi les élus », rappelle Karine Traval-Michelet, maire de Colomiers.

De fait, le mode de scrutin garantit une quasi-parité dans les conseils régionaux depuis 2003, une égalité parfaite dans les Conseils départementaux depuis 2013 et l’alternance obligatoire d’un homme et d’une femme sur les listes électorales aux municipales depuis 2014 dans les communes de plus de 1 000 habitants.

Autres enseignements de l’étude de l’Insee Occitanie : les femmes restent éloignées des plus hautes responsabilités politiques : seulement 16 % sont maires, le plus souvent dans des petites communes. D’où, par exemple, l’étonnement qu’avait suscité l’accession de Karine Traval-Michelet à la tête de la deuxième ville de Haute-Garonne : « Encore aujourd’hui, on considère ma position comme exceptionnelle, ce qui est faux. En revanche, le nombre des obstacles que j’ai rencontrés sur mon parcours, lui, est peu banal ! Il fallait en vouloir pour y arriver. »

Les femmes sont davantage présentes quand on s’éloigne de la fonction de maire

L’élue soulève le cas des conseils exécutifs, où les femmes se font rares, « comme celui de la métropole toulousaine, où l’on compte 20 hommes sur 25 vice-présidents ». De son côté, l’Insee confirme qu’au fur et à mesure que l’on s’éloigne des fonctions de maire, le taux de féminisation augmente. Il est de 30 % chez les premiers adjoints, 37 % pour les seconds et 43 % pour les autres. L’institut note, par ailleurs, que les conseillères sont en moyenne plus jeunes (54 ans et demi) que leurs homologues masculins (57 ans).

Enfin, le choix des affectations demeure trop genré : « Aux hommes la police municipale, aux femmes la petite enfance ! Ce sont des stéréotypes très difficiles à déconstruire », déplore la maire de Colomiers. Selon elle, « tant que la parité ne sera pas établie dans tous les champs de la société civile et dans les partis politiques, le déséquilibre aura tendance à se reproduire jusqu’au sein des collectivités territoriales. »

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