Elections européennes : les enjeux d’un nouveau mode de scrutin

Les élections européennes du 26 mai prochain changent de régime. Fini le découpage en circonscriptions, désormais le scrutin est national. Un nouveau mode accueilli diversement selon les formations politiques.

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Pour les élections européennes de 2004, 2009 et 2014, huit grandes régions avaient été dessinées en France, que les députés une fois élus représentaient à Strasbourg et Bruxelles, sur la base d’un siège pour environ 780 000 habitants. Le 26 mai prochain, le vote redeviendra national, chaque parti politique proposant une seule liste de 79 candidats.

Une modification de régime approuvée en juin 2018 par tous les parlementaires, à l’exception des Républicains : « Ils préféraient sans doute le précédent mode de scrutin qui favorisait les formations les plus installées, s’appuyant sur des structures intermédiaires et des élus locaux », analyse Manuel Bompard, numéro deux de la France Insoumise, un jeune parti qui, comme LREM, ne dispose pas d’un important ancrage territorial. Et bien qu’ils ne soient pas récents, c’est aussi le cas de celui de Marine Le Pen ou des centristes. Autant de courants qui ont donc tout intérêt à ce que les Européennes se jouent à l’échelon national.

Les plus petits d’entre eux y trouvent un autre avantage : « Plus vous augmentez la taille des circonscriptions, plus vous renforcez la dimension proportionnelle de l’élection et ainsi sa légitimité démocratique », ajoute Manuel Bompard. Les Européennes se déroulent en effet à la proportionnelle pour les listes ayant recueilli plus de 5 % des suffrages.

La moins mauvaise des solutions ?

Parmi les arguments qui ont plaidé en faveur du changement, le fait que les huit circonscriptions de l’époque ne représentaient pas suffisamment leurs citoyens : « J’ai pu le vérifier en tant que collaborateur de Dominique Baudis lors de sa campagne de tête de liste UMP du Sud-Ouest pour les Européennes de 2009 », raconte Pierre Esplugas-Labatut, porte-parole des Républicains de Haute-Garonne, adjoint au maire de Toulouse et professeur de droit public à l’Université Toulouse 1 Capitole. « Il était impossible pour le candidat, puis pour l’élu, de couvrir un aussi grand territoire (composé des anciennes régions Aquitaine, Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées, ndlr). Difficile de trouver des points communs entre un Nîmois et un habitant du Pays basque ! »

« Aucun mode de scrutin n’est idéal »

De plus, les thèmes débattus dans le cadre de ces élections sont censés concerner l’ensemble de la population française. Pierre Esplugas-Labatut estime donc que la solution pour choisir nos députés européens est « la moins mauvaise » et rappelle que « l’instabilité des scrutins est le propre de la France ». « Elle ne cesse d’en changer, contrairement aux pays anglo-saxons. Mais en réalité, aucun mode n’est idéal », conclut-il.

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