Pas d’année blanche pour l’Occitanie

Entre fusion et nouveaux chantiers, la Région ne chôme pas. Pour le faire savoir, quelques conseillers de la majorité démarrent une tournée dans toute la Haute-Garonne, à la rencontre des citoyens. Nous avons assisté à leur avant-première, au Laboïkos de Toulouse.

Par Philippe Salvador et Thomas Gourdin

 

« Souvenez-vous de ce qu’on nous prédisait ! » Le conseiller régional Michel Boussaton jubile. Après un mariage en grande pompe entre le Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées, la lune de miel semble se prolonger. Chargé notamment de la santé et de la formation, il se félicite des quatre nouvelles maisons de santé qui ont vu le jour dans le département et des deux prochaines à venir. Autre fierté : la reconversion de l’hôpital Marchand de Toulouse en centre de formation pour les métiers du social. Sur un budget total de près de 3 milliards d’euros en 2016, la Région a investi 84 millions pour que « ces apprenants aient les meilleures conditions de travail possible. »

Le plus gros poste de dépense de l’année est celui consacré à l’emploi et au BTP avec un plan de relance de 880 millions d’euros, dont plus des trois quarts ont été engagés. Notamment, cinq des dix nouveaux lycées programmés sur la mandature sont déjà en chantier et 2 000 petites et moyennes entreprises ont été soutenues. « Nous avons tenu notre promesse : il n’y a pas eu d’année blanche », souligne le conseiller Thierry Cotelle, pour qui « cela n’était vraiment pas écrit d’avance ! »

Et puis de nombreux défis ont été lancés. Comme celui de devenir la première région à énergie positive d’Europe d’ici 2050 : « Un pari audacieux compte tenu de la forte croissance économique et démographique de l’Occitanie », prévient Bertrand Monthubert, conseiller régional à l’enseignement supérieur et de la recherche. Heureusement, « pour sortir du nucléaire, nous pourrons compter sur les laboratoires toulousains, qui sont à la pointe en matière de stockage de l’énergie. »

Aux anges, la conseillère déléguée à l’égalité hommes-femmes, Nadia Bakiri n’en revient toujours pas : « Non seulement l’Occitanie est la seule région où la gauche a réussi à s’unir au sein d’une majorité, mais en plus, on y applique une vraie politique de gauche. » Une politique dont la maître d’œuvre est encensée par le conseiller Philippe Briançon : « La méthode Delga, c’est la concertation. Une profonde rupture avec ses prédécesseurs. »

 

Dernier chantier en date, l’apprentissage

 

©Camberoque Nina & Flores Nelly-Fisheye
©Camberoque Nina & Flores Nelly-Fisheye

Franchir le cap des 40 000 apprentis en Occitanie d’ici cinq ans. C’est l’objectif que s’est fixé le Conseil régional avec son nouveau grand plan dédié à l’apprentissage. Une série de mesures visant à la fois à stimuler les employeurs et à soutenir les élèves. «L’Occitanie compte près de 150 000 entreprises, mais seulement moins de 20 000 accueillent des apprentis», déplore la présidente socialiste de Région, Carole Delga, insistant sur «le taux de chômage élevé du territoire», mais aussi sur «les 8 000 jeunes qui quittent chaque année le système scolaire sans diplômes» et «les 15 000 postes à pourvoir sur le territoire.»

Les professionnels sont donc particulièrement ciblés par ce plan, avec une série d’aides incitatives. Désormais, les entreprises de moins de 20 salariés, contre 10 précédemment, peuvent bénéficier de la prime de 1 000 euros pour l’accueil d’un apprenti. La subvention pour la formation d’un maître d’apprentissage est quant à elle réévaluée à 500 euros.

Des solutions vont également être déployées pour accompagner les élèves eux-mêmes. Dorénavant, la collectivité prendra intégralement en charge l’achat des premiers équipements des apprentis afin de soulager leurs familles. La fourniture d’un ordinateur sera aussi généralisée, à l’image de ce qui se fait dans les lycées. Un soutien financier pour passer le permis de conduire ou la mobilisation prioritaire de fonds pour accompagner les élèves en situation de handicap sont également au programme.

Parallèlement, l’Occitanie va expérimenter le relèvement à 30 ans de l’âge limite pour suivre un apprentissage. «La durée des études s’allonge et de plus en plus de jeunes se reconvertissent après seulement deux ou trois ans dans la vie active», justifie Carole Delga, qui souhaite par d’ailleurs «mieux prendre en compte le rythme de l’entreprise et pas uniquement le scolaire.» Ainsi, les élèves pourront progressivement signer un contrat d’apprentissage tout au long de l’année, et même poursuivre leur cursus s’ils se retrouvent temporairement sans entreprise. Une nécessité grandissante alors que le nombre de formations ouvertes à l’apprentissage ne cesse d’augmenter. 128 nouvelles verront le jour à la rentrée prochaine dans la région.

 



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