Ce que fait la Région Occitanie pour les exclus de l’automobile

La mobilisation autour du prix des carburants met un coup de projecteur sur les zones blanches de la mobilité. Ces parties du territoire où l’on ne trouve pas de transport en commun font l’objet de toute l’attention de la Région Occitanie, qui en fera l’une de ses politiques prioritaires en 2019.

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L’Occitanie compte parmi les zones les moins densément peuplées de France ©DR

98 % de la mobilité en milieu rural est liée à l’usage de véhicules individuels, notamment pour effectuer le ”dernier kilomètre”. Cette distance, qui sépare l’arrêt de transport en commun du domicile ou du lieu de travail, peut en réalité atteindre plusieurs dizaines de kilomètres, surtout dans la région la plus grande et parmi les moins denses de France : « Ce problème est pudiquement ignoré depuis trop longtemps. Il nous faut trouver la bonne articulation pour venir en aide aux habitants du monde rural et des zones périphériques qui expriment aujourd’hui un sentiment d’abandon », avance Jean-Luc Gibelin, vice-président de la Région Occitanie en charge des transports.

Actuellement, dans la moitié des départements, des transports à la demande (TAD) sont déjà à leur disposition. Ce service, à mi-chemin entre le taxi et le bus, coûte à l’usager moins de 5 euros le trajet, le reste étant financé par les collectivités locales.

Favoriser l’autopartage

Parmi les autres solutions envisagées, figurent la densification des réseaux ferrés et routiers existants et la promotion du covoiturage. Ceux qui ne disposent pas d’un véhicule peuvent ainsi bénéficier d’un mode de transport déjà en usage et ne réclamant pas de nouveaux financements. Des systèmes de voitures en autopartage, citoyens ou associatifs – donc non lucratifs – pourraient aussi rapidement voir le jour.

Le sujet, dont la Région a fait l’une de ses priorités, devrait être débattu en assemblée plénière au premier semestre 2019. « Nous solliciterons et écouterons les prises de position locales et regarderons avec attention ce qui se fait ailleurs », précise le vice-président.

Le chèque carburant abandonné ?

Reste la possibilité d’envoyer un chèque carburant à ceux qui sont dépendants de leur véhicule pour aller travailler, tel celui mis en place par la Région Hauts-de-France et dont le Premier ministre Édouard Philippe vient d’annoncer qu’il serait défiscalisé. Une idée vivement rejetée par la présidente de la Région Occitanie : « Pourquoi les Régions devraient-elles assumer financièrement des mesures d’aides générées par la décision d’Emmanuel Macron d’augmenter le prix du carburant ? C’est une ineptie ! Que le gouvernement assume ! Celui qui encaisse doit payer », fustigeait Carole Delga le 6 novembre dernier.

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