À la Région, la présence des élus est contrôlée

Bulletin. L’époque est à la transparence pour les politiques et le Conseil régional d’Occitanie n’y échappe pas. Mis en place dans le règlement intérieur, un système de pointage des élus assorti de sanctions financières permet de contrôler leur présence. Le bilan 2017 vient d’être communiqué.

absentéisme région
© Franck Alix

En 2017, plusieurs conseillers régionaux ont été souvent absents. Certains taux s’expliquent, comme ceux du Républicain Aurélien Pradié (36,67 %), qui a démissionné une fois élu député, ou d’Anne-Marie Collard (FN),(42,86 %), « qui suit un traitement très lourd non reconnu par le Conseil régional », selon sa collègue France Jamet. Cette dernière, qui cumule cinq absences non justifiées sur 36 réunions, se défend en assurant être « l’une des députées européennes les plus assidues ». Si beaucoup d’élus frontistes sont régulièrement absents de manière non justifiée d’après les comptes de la collectivité, c’est aussi le cas du conseiller régional LR Bernard Carayon (18,18 %), du communiste Nicolas Cossange (13,79 %) ou de la députée européenne PS Virginie Rozière (17,39 %).

Ce système, prévu par la loi et inscrit dans le règlement intérieur par le vice-président de la collectivité Gérard Onesta, permet aux élus d’être absents trois fois dans l’année pour des motifs professionnels ou personnels. Au-delà, une partie de leur indemnité est supprimée en proportion de leur absence. Deux autres excuses sont acceptées : une raison médicale validée par un certificat et une mission de représentation pour le Conseil régional.

Si les élus de tous bords ne semblent avoir aucun problème avec le contrôle et la transparence, c’est davantage sur les règles et l’application que les divergences apparaissent. En effet, le pointage des élus ne concerne que les assemblées plénières, la commission permanente et les commissions sectorielles. Jean-Christophe Sellin (FI) refuse « d’être montré du doigt parce qu’il en a raté trois dans l’année. Il faudrait regarder l’ensemble de l’investissement d’un élu, qui ne se limite pas à pointer en commission. C’est aussi être présent dans les luttes», estime-t-il.

Sacha Briand (LR), qui reconnaît avoir été absent « pour privilégier les réunions délibérantes du bureau de Toulouse Métropole », ne trouve « pas normal que la représentation de la Région, qui ne concerne quasiment que des élus de la majorité, soit considérée comme une excuse. Cela ne me gênerait pas que l’on soit plus souple ou que la sanction soit systématique mais l’entre-deux ne me parait pas légitime. » Un avis partagé par France Jamet : « Beaucoup sont absents mais sont excusés pour représentation. C’est malhonnête car personne ne peut vérifier », lance-t-elle, évoquant ainsi la présence des élus dans les organes extérieurs comme les lycées ou le Parlement de la mer, essentiellement réservés aux élus de la majorité. Mais pour Gérard Onesta, « les plus actifs auraient été les plus surveillés. Cela ne nous paraissait pas être un encouragement à l’engagement. »

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