Jean-Luc Moudenc respecte-t-il les règles de la propagande électorale ?

Fact-Checking – Au tournant de l’été, le maire de Toulouse a créé de nouveaux comptes sur les réseaux sociaux pour se plier à la réglementation en vigueur en période préélectorale. L’opposition municipale lui a fait remarquer que l’utilisation qu’il en faisait n’était pas toujours conforme…

Portrait de Jean-Luc Moudenc

Au début du mois d’août, Jean-Luc Moudenc a sorti les réseaux sociaux de leur torpeur estivale. Il a publié un message qui a été partagé et “liké” plus d’une centaine de fois :


Un post aux accents prononcés de précampagne pour les municipales de 2020, que l’on a notamment pu lire sur le compte Twitter de Jean-Luc Moudenc dédié à ses statuts de maire et de président de la métropole. Ce qui a aussitôt fait réagir le conseiller d’opposition Jean-Marc Barès-Crescence, du groupe des élus communistes républicains et citoyens, qui a écrit en commentaire :

L’intéressé a en effet mis en ligne deux nouvelles pages sur Facebook et Twitter, portant à quatre le nombre de ses comptes sur les réseaux sociaux. Il avait ouvert les deux premiers en 2011, qui ont soutenu sa victoire en mars 2014, puis qui ont promu son action à la tête de la Ville rose pendant cinq ans, avant d’être réaffectées à la mi-juillet à sa propre communication. Ce qu’il justifie dans un message épinglé à l’accueil :


Un tour de passe-passe numérique qui permet à Jean-Luc Moudenc de remiser par-devers lui ses quelque 20 000 fans et followers. Cela confirme, si l’on en doutait encore, qu’il prétendra à sa propre succession.

Depuis son élection, les règles ont évolué en matière de propagande en ligne, notamment avec la loi du 15 septembre 2017 pour la confiance dans la vie politique. Certaines jurisprudences concernent directement l’usage des réseaux sociaux, le juge administratif ayant à plusieurs reprises annulé des scrutins ou infligé des sanctions pécuniaires, en raison de leur utilisation imprudente ou dévoyée. « Il est donc conseillé de transformer les comptes des communes en de simples vitrines. Le candidat peut disposer d’un compte en propre, mais celui-ci doit être bien distinct de celui de la collectivité et n’entretenir aucune confusion », précise l’Association des maires de France (AMF). Ceci ne vaut que durant la période préélectorale, qui débutera le 1er septembre 2019, six mois avant l’échéance municipale. Ainsi, Jean-Luc Moudenc n’a pas enfreint les règles en vigueur. Le message politique posté depuis son Twitter institutionnel n’est certainement qu’une maladresse, un fail, comme on dit chez les internautes. Nous ne pouvons que recommander à ses conseillers en communication de redoubler de vigilance.

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