[Dossier] La médecine libérale a de l’avenir

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TRANSMISSION. Alors qu’une grande majorité de médecins approchent de l’âge de la retraite, forcément, les têtes se tournent vers la relève. Certes, plus inquiets que leurs aînés, les internes actuels croient toujours en la médecine libérale, à l’image de Camille Tricart qui se démène pour promouvoir l’installation auprès de ses camarades.

Actuellement en deuxième année d’internat de médecine générale, Camille Tricart n’est qu’en partie fixée sur son avenir. « Ce dont je suis sûre, c’est de m’installer un jour en libéral. Nous sommes nombreux parmi cette génération de futurs généralistes à penser que c’est encore la réponse de santé la mieux adaptée », précise-t-elle. Reste donc à lever le voile sur le quand et le où. La jeune femme commencera certainement par des remplacements mais n’a pour l’instant aucune idée de sa future destination. Comme 65% des internes en Midi-Pyrénées, elle n’est pas originaire de la région. Un chiffre élevé dû à l’attractivité qu’exerce Toulouse auprès des étudiants de toute la France lors des Épreuves Classantes Nationales organisées en 6e année de médecine. Pas de quoi faire jouer la corde sensible donc à l’évocation d’une éventuelle pénurie de médecins généralistes à Toulouse dans les années à venir. « Les chiffres évoqués sont plus alarmistes que prévu, mais ils sont très récents et c’est vrai que les internes n’ont pas tout à fait pris conscience du phénomène. Même chez les futurs médecins, l’idée que désert médical ne rime plus uniquement avec milieu rural n’a pas encore fait son chemin », explique celle qui préside l’Association des internes de médecine générale de Midi-Pyrénées. Pour autant, Camille Tricart réfute l’idée selon laquelle les jeunes n’auraient plus la fibre entrepreneuriale comme l’avancent certains de leurs aînés : « On ne demande qu’à s’installer mais encore faut-il nous donner les moyens. La pratique de la médecine libérale a totalement changé. Aujourd’hui, un cabinet nécessite beaucoup plus de qualités d’entrepreneurs qu’auparavant. Il y a plus d’insécurité, notre génération ne veut plus d’un exercice solitaire. On aspire à des conditions de travail compatibles avec la vie personnelle. »

« L‘idée que désert médical ne rime plus uniquement avec milieu rural n’a pas encore fait son chemin » 

Ainsi, son association se démène pour promouvoir l’installation en libéral. Le 15 octobre prochain aura lieu le premier Forum de l’installation avec des conférences sur les aspects pratiques ainsi que des rencontres sous forme de speed-dating entre les internes et des médecins généralistes en quête de collaborateurs pour une association, voire une succession. Et régulièrement, des soirées sur les thèmes de la fiscalité ou des remplacements sont proposées pour mieux familiariser les internes avec le monde libéral. Autant d’aspects administratifs très peu abordés durant les études de médecine. Mais la solution en laquelle la future médecin croît le plus, ce sont les stages. Depuis peu, durant leur internat, les étudiants peuvent effectuer la moitié de leur cursus en libéral auprès d’un généraliste ayant obtenu une certification de maître de stage universitaire. « Il s’agit de deux temps en autonomie progressive. Toulouse est plutôt en avance mais il faut encore étendre le système ; le commencer par exemple dès l’externat et recruter encore plus de formateurs. C’est comme ça que se fait la transmission. Au début, les médecins sont un peu réticents mais tout le monde y trouve son compte, même les patients ». L’interne en est convaincue, la solution à la pénurie annoncée de praticiens passera forcément par une entraide entre les générations.

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