[Dossier] Mieux connaître le syndrome pollen-aliment

Le syndrome d’allergie orale touche les personnes allergiques aux pollens et aux graminées. Après plusieurs années, elles peuvent développer une intolérance à certains fruits et légumes crus. Heureusement, les conséquences de cette allergie croisée sont bénignes. – Fleur Olagnier

pollen
© CC0 Domaine public

Éviter de manger certains aliments peut s’avérer un bon moyen de limiter les effets néfastes en cas d’allergie croisée. On le connaît peu mais le syndrome d’allergie orale, aussi appelé pollen-aliment, est plutôt répandu et touche les personnes déjà allergiques aux pollens et aux graminées. En effet, après plusieurs années d’allergie respiratoire, certains patients développent une intolérance buccale à des fruits et légumes crus.

Picotements sur la langue, démangeaisons dans la gorge, gonflement des lèvres et parfois éruption cutanée autour de la bouche, les symptômes apparaissent de façon instantanée. « Les principaux allergènes du pollen ont une structure proche de certains aliments végétaux ; l’organisme réagit donc à ces fruits et légumes comme à un pollen de brise printanière. Heureusement, les conséquences sont bénignes et ne durent que quelques minutes. L’amylase, une enzyme de la bouche, dégrade rapidement les allergènes », éclaire Michel Migueres, pneumoallergologue à la clinique de L’Union à Saint-Jean et président de l’Association des allergologues de la région toulousaine.

Le syndrome pomme-bouleau est la plus commune des allergies croisées (90% des cas). Environ une personne sur deux atteinte d’une pollinose au bouleau est aussi allergique à la pomme. Une situation qui ne concerne que l’aliment cru car la cuisson altère les composés allergisants du fruit, présents en grande quantité dans la peau. À la pomme, peuvent également s’adjoindre des intolérances à des fruits de la famille des rosacées (pêche, brugnon, abricot, cerise…) ou encore à la noisette. Parmi les autres syndromes pollen-aliments, on notera graminées-melon, graminées-banane, graminées-tomate et armoise-céleri.

Alors, que faire ? D’abord, tout naturellement, éviter la consommation des aliments incriminés non cuits. En outre, « dans un cas sur deux on observe qu’après une désensibilisation au bouleau réussie, les patients ne sont plus allergiques aux fruits crus », affirme Michel Migueres. Tout n’est donc pas perdu pour les inconditionnels de la pomme…



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