[Dossier] Des règles de bonne (éco)conduite

 ©DarkoStojanovic
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EMBRAYAGE. Pas seulement destinée à réduire sa consommation d’essence, l’écoconduite consiste à réfléchir globalement sur la manière de se déplacer en voiture. Une pratique qui pourrait fluidifier la route des vacances si elle se généralisait. Une application permet même d’en apprendre la philosophie.

Pas de place en covoiturage, pas de gare à proximité du lieu de villégiature, et des itinéraires de bus trop compliqués… Cette année, pour les vacances, ce sera la voiture. On a beau vouloir préserver la planète, il y a des situations où elle s’impose. Mais ce n’est pas une raison pour laisser à l’extérieur de l’habitacle ses velléités écologiques. Même au volant, chacun a son rôle à jouer pour être moins énergivore et faire en sorte que les sacro-saints reportages du JT de 13h sur les embouteillages du chassé-croisé ne soient pas une fatalité.

On appelle ça l’écoconduite. Voire dans son sens le plus large, l’écomobilité. « Je ne vais pas vous dire que si vous appliquez les quelques règles de l’écoconduite, vous éviterez dès cet été les bouchons… Mais si tout le monde adoptait un comportement plus responsable sur la route, il est certain que la circulation serait plus fluide. Surtout, avec les moyens technologiques actuels, il est possible d’anticiper en adaptant son horaire de départ ou son itinéraire. L’écomobilité, c’est une mentalité à adopter », explique François Martinez, directeur développement de la société toulousaine Markofleet, spécialisée dans la gestion des parcs automobiles des entreprises.

« Si tout le monde adoptait un comportement plus responsable sur la route, il est certain que la circulation serait plus fluide »

L’écoconduite n’a rien d’une pratique alternative très élaborée et réservée aux spécialistes. Avec un peu de bon sens et quelques notions sur le fonctionnement d’une voiture, il est possible de rapidement atteindre 20% d’économie de carburant. « Il y a tout de même une grande méconnaissance sur le sujet », regrette François Martinez. « Quand j’explique qu’il ne sert à rien de chauffer la voiture à l’arrêt, ou qu’il vaut mieux utiliser le frein moteur en levant la pédale d’accélérateur plutôt que de rouler au point mort, beaucoup de gens sont surpris ».

Plusieurs légendes planent en effet sur les astuces pour économiser du carburant. Comme celle du zigzag, une pratique bien plus dangereuse qu’utile. Couper son moteur quand on estime que l’arrêt va durer environ 30 secondes est en revanche une bonne attitude. Mais l’écoconduite, outre les petits gestes, consiste principalement en une vigilance sur l’ensemble des facteurs de surconsommation : utilisation de la climatisation ainsi que de galeries ou de porte-vélos sur le toit auxquels il vaut mieux préférer des remorques, meilleur moment pour passer les vitesses… Et bien sûr, le commandement suprême de l’écoconduite, la zen attitude. Plus il y a d’accélérations et de décélérations, plus il y a de consommation d’essence. Il s’agit donc d’opter pour l’anticipation, la fluidité et la constance.

« L’idée des messages est de faire réfléchir le conducteur. Cela peut-être, par exemple, une interrogation humoristique afin de dédramatiser le fait d’être en retard »

La partie n’est pas gagnée. Cela fait plusieurs années que Markofleet initie les conducteurs aux préceptes de l’écoconduite. « Au bout d’un moment, on a réalisé que le message avait du mal à passer avec des formations classiques. Les entreprises inscrivent leurs salariés par bonne conscience, mais on sent bien qu’il n’y a pas de réelle remise en question. La réaction c’est souvent : ‘’On ne va pas m’apprendre à conduire’’. Le sentiment de toute-puissance au volant est bien connu, il y a des études sur le cerveau qui le montrent », raconte François Martinez.

Alors, avec son associée Régine Surre, ils ont réfléchi à une méthode prédictive qui se concrétise par l’application mobile Marko Pilot, lancée depuis 3 mois. À partir d’un questionnaire, les conducteurs sont classés dans des familles, puis des algorithmes leur envoient des messages personnalisés toutes les semaines. Une sorte de coaching digital qui comprend également le suivi de plusieurs indicateurs concernant le bilan CO2 et la consommation. « L’idée des messages est de faire réfléchir le conducteur. Cela peut-être, par exemple, une interrogation humoristique afin de dédramatiser le fait d’être en retard. Chaque message comporte un lien pour avoir plus d’informations. Le but est de ne plus être en mode automatique, mais d’agir sur le cerveau pour que ce soit lui qui actionne les pédales », poursuit l’expert. Avant le lancement de l’application, un test a été effectué pendant un an sur 1000 voitures. Résultat : 51 % d’accidents en moins et une économie de 18% de carburant.

Persuadée que l’écoconduite est une solution d’avenir, la société Markofleet a mis en place cet outil psychologique pour aider à mieux appréhender la notion du temps. L’application ne sera disponible aux particuliers que d’ici deux ans, mais d’ici là, rien n’empêche de suivre les règles de bonne conduite sur la route des vacances. Et si vous êtes tout de même bloqué dans un embouteillage, n’oubliez pas de couper le moteur.

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