[Dossier] Se mouiller pour sauver le canal

#RIQUET2017 – Le canal du Midi, sa voûte de verdure, ses péniches voguant paisiblement, ses emblématiques écluses. Aujourd’hui, cette image de carte postale s’écorne. La star d’autrefois a pris un coup de vieux : les champignons attaquent ses platanes et bouleversent son écosystème, le cours d’eau n’a plus l’attractivité commerciale d’antan et sa fréquentation reste timide. Fret, tourisme, nouveau mode de gouvernance, le JT a passé en revue des idées pour sauver cet ouvrage fragile et éviter le naufrage. 

SAUVER CANAL DU MIDI
©VNF

Un anniversaire en demi-teinte. Alors que le canal du Midi fêtait ses 350 ans en 2016, le chancre coloré poursuit sa propagation à vitesse grand V en s’attaquant aux platanes centenaires plantés le long des berges. Après l’Hérault et l’Aude, la maladie est aux portes de Castanet, en Haute-Garonne. «Ce champignon microscopique, détecté en 2006, asphyxie les arbres. Ils meurent entre six mois et cinq ans», explique Mary Bonneaud, chargée de collecte auprès du grand public chez Voies navigables de France (VNF), gestionnaire du canal du Midi.

Pour ralentir sa progression, 17 000 platanes (sur 42 000) ont déjà été abattus et une partie d’entre eux remplacés par des chênes chevelus, des érables, des pins parasols et des peupliers blancs. Mais l’opération a un coût : 220 millions d’euros sur 20 ans. Un montant que ne peut pas supporter VNF, qui a déjà injecté 35 millions d’euros. Depuis 2011, le gestionnaire organise donc des campagnes annuelles de collecte de dons auprès des entreprises et des particuliers. «Au 31 décembre 2016, le montant s’élevait à 3,3 millions d’euros. 56 entreprises ont participé et 7 500 donateurs individuels ont également répondu présents, avec un don de 60 € en moyenne», ajoute-t-elle, précisant que la nouvelle campagne prévoit une course pédestre le dimanche 14 mai.

Valoriser cette voie d’eau de 240 km est aussi une condition pour conserver son inscription au Patrimoine mondial de l’Unesco à l’horizon 2019, date de la prochaine évaluation. La préfecture de Région et le Conseil régional d’Occitanie ont pour cela fondé en juin dernier le “comité de bien”. Cette instance élabore un plan de gestion de l’ouvrage de Riquet en collaboration notamment avec les associations de riverains, les villes et les communautés de communes. Des ateliers de réflexion vont être menés autour de six thèmes : la navigation, les ports, l’environnement, le patrimoine, la culture et le fret. Avec pour objectif de définir un “plan de développement durable du Canal” en 2017.


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