[Dossier] Un Noël solidaire pour les personnes âgées isolées

SOLIDARITÉ – Alors que la majorité des Français s’apprête à fêter Noël en famille, certains n’ont pas cette chance. De nombreuses personnes âgées se retrouvent seules en cette période. Mais les bénévoles des Petits frères des pauvres y remédient en leur offrant du temps et un vrai repas de Noël.

petits frères des pauvres
© Franck Alix

Autour d’une large table, cinq bénévoles de l’association Les Petits frères des pauvres s’affairent à la confection de paniers-repas. À quatre jours de Noël, ils doivent être terminés pour une distribution le 24 décembre. Une boîte de foie gras, une de canard aux morilles, du vin, des biscuits apéritifs, un panettone, quelques mandarines, et une bouteille de champagne, sont glissés consciencieusement dans des poches étiquetées au nom de leur destinataire. « Nos bénévoles vont distribuer et partager un peu plus de 260 repas avec les personnes âgées qui se retrouvent seules à Noël », explique Géraldine Viala, adjointe de la direction régionale de l’association. Une initiative, réitérée chaque année depuis 1949, qui permet de rompre l’isolement dont souffrent trop souvent nos aînés. D’après une étude du CSA, menée à la demande des Petits frères des pauvres, en France, 300 000 personnes de plus de 60 ans – c’est l’équivalent de la population de Nantes – ne rencontrent quasiment jamais ou très rarement d’autres personnes, tous réseaux confondus.

En tout, 700 bénévoles des Petits frères des pauvres accompagnent près de 900 personnes souffrant de solitude, de pauvreté, de précarité, voire de maladies, tout au long de l’année dans le territoire Midi-Pyrénées-Roussillon. « Nous leur rendons visite, passons un moment avec eux. Nous organisons également des sorties individuelles ou collectives. Bref, nous veillons à ce qu’ils aient de la compagnie de temps en temps, qu’ils ne se sentent pas oubliés », précise Géraldine Viala. Mais si cette action est permanente, elle confesse que la période de Noël est souvent plus difficile pour eux.

« Et ce n’est pas de la charité, plutôt de la fraternité », indique Lydie, bénévole à Toulouse. Elle ne pourra pas être présente à Noël pour partager un repas au domicile des personnes qu’elle accompagne d’ordinaire, « du coup, c’était important pour moi d’aider à la préparation des colis. Je passerai voir les gens dont je m’occupe après les fêtes pour leur porter du chocolat ! »

« Nous tenons à être auprès d’eux le 24 décembre car c’est à cet instant précis que le sentiment de solitude arrive à son paroxysme »

Ils l’attendront sûrement avec impatience, car Lydie est l’une de leur seule relation sociale. Ensemble, ils ont développé un lien de confiance. « Ceci n’est possible que parce nous travaillons en binôme. Les personnes âgées reçoivent, à tour de rôle, l’une des deux bénévoles qui leur est assignés. Ainsi, elles voient les deux mêmes visiteurs régulièrement », commente Géraldine Viala.

Comme les protégés de Lydie, tous se verront offrir des cadeaux. « Les poches vertes pour les femmes et les violettes pour les hommes », lance Jeanne-Marie, bénévole de l’association. Elle remplit avec soin les sachets des présents étalés devant elle. « Une boîte de chocolat, un parfum, un savon, un calendrier pour tout le monde et un bracelet pour les dames ou un stylo pour les messieurs », énumère-t-elle.

Marie-Hélène, elle, est venue donner un coup de main, de manière ponctuelle, car il faut non seulement finaliser les paniers-repas mais aussi l’organisation du déjeuner de Noël pour les personnes âgées qui peuvent et acceptent de se déplacer. Dans quatre restaurants de l’agglomération, l’association a réservé, pour le 24 décembre à midi, près de 200 couverts. « Les bénévoles vont ainsi, avec leur véhicule personnel ou de location, chercher les participants chez eux pour les emmener sur les lieux des festivités où nous avons également prévu des animations », explique Géraldine Viala. Et si de nombreuses associations organisent des actions particulières à Noël, « Les Petits frères des pauvres est l’une des seules à la programmer le 24 décembre. Nous tenons à être auprès d’eux ce jour-là car c’est précisément à cet instant précis que le sentiment de solitude arrive à son paroxysme », insiste-t-elle.

Madame Belloc, entre d’ailleurs dans les locaux de l’association pour en témoigner. D’un pas décidé, la vieille dame s’appuie sur le bureau faisant office d’accueil, et demande tout de go : « C’est quand le repas de Noël ? Qui viendra me prendre ? Et à quelle heure ? Parce qu’il faut que je me prépare », poursuit-elle. Surprises mais compréhensives, les bénévoles parcourent les listes des inscrits, à la recherche d’une réponse. Assurément, elle sera prête à l’heure pour cet événement qu’elle ne veut surtout pas rater.

 

Dossier ” Et si on fêtait Noël autrement ? “

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