Serpents, furets et oiseaux ont leur clinique à Toulouse

30 MILLIONS D’AMIS – L’École nationale vétérinaire de Toulouse (ENVT) fait partie des quatre écoles françaises formant les futurs vétérinaires à venir en aide aux chiens, chats et animaux de ferme. Depuis 1999, elle apprend aussi à ses élèves à prodiguer des soins aux animaux exotiques ou sauvages grâce à une clinique spécialisée dans les nouveaux animaux de compagnie (NAC). Le JT a poussé les portes de cette arche de Noé.

« Allez, on ouvre la bouche ! » lance d’une voix douce Mélanie, étudiante vétérinaire de 5e année. La jeune femme saisit ensuite son stéthoscope et vient le placer sur le poitrail recouvert de poils blancs de Maroilles. Ce dernier n’est pas un chien ou un chat, mais un furet mâle. Mélanie repose délicatement l’animal dans sa cage avant de répéter les mêmes gestes avec Qui Fouette, un furet femelle. « On va la remettre dans sa cage parce qu’elle s’énerve un peu là », lance Mélanie dont la boucle d’oreille vient de valser à cause d’un coup de patte.

Aujourd’hui, les deux mustélidés sont entre les mains des étudiants et docteurs de la clinique des nouveaux animaux de compagnie (NAC) de l’École nationale vétérinaire de Toulouse (ENVT) pour se faire poser une puce d’identification et des implants contraceptifs.

« Nous avons réalisé 1600 consultations en 2016, la demande est en plein essor »

Une opération des plus banales pour cette clinique. Dans ce bâtiment situé sur le campus de l’ENVT, on n’accueille en effet que des animaux autres que les chiens ou les chats. Salles d’attente et de consultations, matériel médical ; tout ressemble à un cabinet vétérinaire classique, sauf qu’ici défilent rongeurs, poissons, serpents, tortues, oiseaux ou cochons nains…
En somme, tout ce que la législation autorise de posséder comme compagnon. « Les mammifères représentent environ trois quarts des consultations. Le lapin est le plus courant. Les reptiles et les oiseaux constituent le quart restant », précise Guillaume Le Loc’h,  responsable de la clinique et maître de conférences en médecine zoologique et santé de la faune sauvage.

Une fois l’examen terminé, Maroilles et Qui fouette sont transférés au bloc opératoire. Sur la table en inox, Mélanie place le premier dans une caisse translucide reliée à un tuyau qui va injecter du gaz isoflurane afin de l’endormir. Maroilles balade d’abord sa truffe rose clair dans la caisse et finit par fermer les yeux. Alors que Mélanie l’allonge sur la table d’opération, Emma Monge, chargée de consultation, observe ses gestes. Comme pour chaque intervention, un assistant hospitalier diplômé est présent pour superviser et guider les élèves. « Attention à ne pas piquer ici, il y a un ganglion » précise Emma Monge, en pinçant la peau de l’animal. L’étudiante injecte l’implant contraceptif à l’aide d’une épaisse aiguille. Puis Maroilles est réveillé grâce à une inhalation d’oxygène. L’opération a duré quelques minutes seulement.

« Il y a de plus en plus de détenteurs de NAC en France. Les étudiants qui souhaitent exercer en ville y seront forcément confrontés dans leur carrière »

10 à 15 rendez-vous se succèdent ainsi au fil de la journée. « Nous avons réalisé 1 600 consultations en 2016, la demande est en plein essor », souligne Guillaume Le Loc’h. Pour y répondre, l’école vétérinaire de Toulouse est la seule en France à proposer aux étudiants un approfondissement de trois mois dans la spécialité des NAC. « Il s’agit d’élargir leurs compétences car il y a de plus en plus de détenteurs de ce type d’animal. Ceux qui souhaitent exercer en ville y seront forcément confrontés », poursuit le professeur, en se dirigeant vers une autre salle située à côté du bloc opératoire. Des étudiants lui font un compte-rendu des soins prodigués dans la journée. Inhalations d’antibiotiques pour un hérisson souffrant d’une rhinite, opération de l’aile pour une mésange égarée.

« On va jusqu’à faire de la rééducation aux oiseaux. Le but est de maximiser leurs chances de survie dans la nature », explique Guillaume Le Loc’h. Mais, parfois, ce n’est pas possible. Cette chouette chevêche vient de passer une radio et le résultat n’est pas encourageant. « Sa colonne vertébrale est cassée, elle ne pourra pas survivre seule dans la nature, nous allons probablement l’euthanasier », glisse le vétérinaire.

vétérinaire
© Franck Alix

Les étudiants peuvent par exemple manipuler un python royal ou encore un dragon barbu.

Pompiers, fourrière, particuliers leur amènent ainsi régulièrement des spécimens mal en point. La clinique a même été appelée pour venir récupérer un crocodile et un boa chez une dame décédée à son domicile. Certains passent alors plusieurs mois sur les lieux avant de trouver un nouveau foyer. En ce moment, les étudiants peuvent par exemple manipuler un python royal ou encore un dragon barbu. « Là, sa gorge gonflée et noire, et sa bouche entre-ouverte sont des signes d’attaque. On ne gagne pas sa confiance comme ça », lance Pierre Yves, étudiant en 5e année, le reptile posé sur son bras.

Pendant ce temps, du côté des consultations, les rendez-vous battent leur plein. C’est désormais au tour de Nesquik, un lapin, de passer entre les mains de Carole, étudiante en 5e année et de Steve Manon, assistant hospitalier. Au programme : un limage des dents. « Une opération de routine », glisse en souriant Steve Manon.

Agenda
Ce dimanche, les professionnels du centre de soins de la faune sauvage de l’Ecole vétérinaire de Toulouse seront présents à la journée Rapaces et fauconnier organisée par le Museum de Toulouse, aux jardins du Museum à Borderouge. Au programme de la journée, des spectacles de fauconnerie à 11 h et 15 heures sont organisés. Des rencontres sont prévues toute la journée de 10 h à 18 heures.
Plus d’informations sur : www.museum-toulouse.fr

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