Marion Moreau, l’imaginaire fertile

Avec “Et enfin marcher un jour d’été”, qui met en scène une jeune femme dans un monde post-apocalyptique où, chaque jour, les quatre saisons s’enchaînent, cette Franco-Mauricienne de 23 ans a su séduire le jury du Prix Claude Nougaro qui lui a attribué le premier prix Tremplin de la nouvelle.

Marion Moreau
®Franck Alix

Lectures

Petite fille, l’histoire du soir que lui racontait sa maman n’avait déjà rien du conte de fées. « Elle me lisait un extrait du polar qu’elle était en train de lire en censurant les passages trop durs! Puis très vite, elle m’a poussé à les lire moi-même. » Plus tard, son goût pour l’étrange et l’inexpliqué la dirige vers le fantastique et la science-fiction, du “Meilleur des mondes” d’Aldous Huxley au “Seigneur des Anneaux” de Tolkien. « Mon envie d’écrire est née d’une frustration : je voulais écrire ce que je n’avais pas encore lu, avec une vision des choses moins manichéennes. »

Trilogie

À 13 ans, l’âge où l’écriture reste avant tout synonyme de travail scolaire, Marion Moreau se lance dans une aventure peu commune : la rédaction d’une saga en trois tomes, dans laquelle elle imagine une “suite” aux mythologies celtiques et scandinaves ! « Qu’est-il advenu des divinités scandinaves après le Ragnarök (fin du monde prophétique dans la mythologie nordique, ndlr) ? Que sont devenus les dieux celtes après la christianisation des sanctuaires et des rites païens ? Cette saga, c’est une façon pour moi de mettre en lumière ces légendes fascinantes, mais qui restent assez méconnues. » Alors que le tome 1 vient d’être envoyé à différentes maisons d’édition, le suivant est déjà en cours d’écriture.

Bougeotte

Après une enfance et une adolescence passées entre Paris, Sète et le Gers, la jeune femme a terminé un Master Création Littéraire à l’université Jean-Jaurès à Toulouse. Elle s’apprête désormais à s’envoler pour l’Écosse, pour une formation qui lui permettra d’enseigner le français à des étrangers. Un nouveau décor qui l’enchante : « J’ai besoin de casser la routine, de changer d’environnement – même si c’est dans la même ville – fréquemment. Je n’arrive pas à créer en stagnant ! » Son lieu de prédilection pour écrire ? Le train ! « Ce paysage qui défile, cette impression d’itinérance alors que je suis assise face à mon écran, cela m’inspire ! »

Ensemble

Avec une dizaine d’écrivains, elle a rejoint le collectif Moonlight Flowers. Objectif : aider les jeunes auteurs à se faire une place dans l’univers de la littérature imaginaire (qui regroupe la science-fiction, la fantasy et le fantastique) et, à terme, créer une véritable maison d’édition spécialisée. « Les éditeurs traditionnels se bornent à traduire des ouvrages américains et anglais alors qu’il y a énormément de jeunes talents français. Elles refusent de prendre des risques. Il faut sortir de cette impasse ! »

Touche à tout

Étudiante, écrivaine, adepte de randonnée, Marion Moreau s’intéresse également à la poésie et au théâtre, et chante au sein d’un groupe amateur à ses heures perdues. « J’aime sortir de ma zone de confort. » D’ici la fin de l’été, elle lancera même sa propre chaîne YouTube dédiée à la vulgarisation… des mythologies et légendes celtes et scandinaves, évidemment !

Axelle Szczygiel

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