[#LeBQE] Qu’a-t-on découvert dans une cave de la cité d’Ancely ?

PÉDILUVE. Ceux qui regrettent la récente fermeture de la piscine d’Ancely peuvent toujours profiter, quelques dizaines de mètres plus loin, d’authentiques thermes romains. Un immense bassin, datant du premier siècle de notre ère, se cache… dans le sous-sol d’un HLM.

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Quand on vit dans le grand ensemble d’Ancely, on connaît l’existence de ce bassin romain. « Oh ! Depuis l’antiquité, il y a toujours eu des habitants ici ! » lance une résidente octogénaire, sous un pin centenaire. Plus rares sont ceux capables d’indiquer l’emplacement exact des ruines : « Ça doit être vers là-bas ! », croit savoir un jeune homme en se trompant de direction. L’adresse est en effet gardée secrète « pour ne pas tenter les personnes malintentionnées et parce que les propriétaires de l’immeuble n’ont pas envie de voir en permanence des allers et venues sous leurs fenêtres ! » explique le responsable des sculptures romaines et de la numismatique au musée Saint-Raymond, le seul établissement autorisé à faire visiter les lieux.

Dans un des bâtiments à trois étages de la cité, au bout du couloir en pente qui mène aux caves, après des boxes cadenassés et une porte fermée à double tour, la piscine de 2000 ans repose à l’abri des regards. Elle est dallée et revêtue de mortier de tuileau, pourvue de petits escaliers à chacun de ses angles, profonde d’à peine 1,5 mètre, longue de 19 mètres pour 13 de large. Tout autour, on découvre des fragments de mosaïque, des fresques, et les vestiges d’un portique couvert, qui permettait de déambuler en se protégeant du soleil. En plein milieu de la piscine, les fondations de la cage d’escalier de l’immeuble gâchent un peu le paysage. « Il y avait deux autres ensembles thermaux comme celui-ci aux alentours, dont il ne reste rien puisqu’ils ont été enfouis sous le béton », signale le conservateur du musée Saint-Raymond.

C’est l’abbé archéologue Georges Baccrabère qui s’est battu pour que l’on sauve quelques-unes de ces ruines, mises à jour en 1966, lors de la construction de la résidence. Son ami historien et compagnon de fouille Gérard Villeval se souvient : « Chaque fois qu’il y avait un nouveau trou dans la ville, on y allait, clandestinement, avec nos pelles ! On récupérait tout ce que l’on pouvait. » Et pour préserver la piscine antique d’Ancely, Georges Baccrabère a eu une idée de génie : il a persuadé le propriétaire du terrain d’y consacrer son 1 % artistique – c’est l’obligation, lors de la construction d’un bâtiment public comme un HLM, d’affecter 1 % de son budget à une œuvre culturelle. « Je crois que cela arrangeait bien le promoteur, qui ne savait trop quoi faire de cette somme », rajoute Gérard Villeval, également conservateur du musée du Vieux Toulouse. « C’est une vraie chance d’avoir gardé ces thermes. Car, généralement, quand on découvre quelque chose à Toulouse, on le démolit ! »



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