[Culture] L’esprit du bouddhisme tibétain souffle sur Toulouse

ZEN. Avec deux lieux et trois expositions, l’événement intitulé “De foudre et de diamant” rend un bel hommage au bouddhisme de tradition tibétaine. L’occasion aussi de redécouvrir les peu connus musées Paul Dupuy et Georges Labit ainsi que les magnifiques trésors qu’ils recèlent.

@mathieu_Ricard
@mathieu_Ricard

Pour ceux que cette période de consommation débridée en quête de cadeaux aurait tendance à déprimer, voici le remède idéal. Depuis le 12 décembre, le déjà tranquille musée Paul-Dupuy s’est carrément transformé en un véritable havre de sérénité. Cet hôtel du XVIIe siècle consacré aux arts graphiques et objets du Moyen-Age au XIXe siècle va en effet abriter durant six mois la majeure partie de l’exposition “De foudre et de diamant”, consacrée au bouddhisme de tradition tibétaine. Et la couleur est annoncée dès la cour intérieure du bâtiment avec des décorations typiques du Tibet. Un sentiment d’immersion qui se poursuit dans les salles avec un autel bouddhiste reconstitué dans un grand souci du détail et bien sûr, ces 24 peintures tibétaines anciennes, appelées thangkas.

Ce sont elles qui sont à l’origine de l’événement initié par Francis Saint-Genez, conservateur en chef des musées Georges Labit et Paul Dupuy depuis 2014 et grand passionné de bouddhisme. « L’envie première était de sortir des réserves du Musée Georges Labit cette collection très rare initiée dans les années 70 par Jeanne Guillevic, conservatrice du musée à l’époque, et enrichie en 1993 par une grosse donation. Toulouse a été plutôt novateur dans ce domaine à une époque où l’art tibétain était encore plus confidentiel qu’il ne l’est aujourd’hui,», explique le commissaire de l’exposition. Encore présents aujourd’hui pour différents usages de la vie quotidienne et spirituelle au Tibet, ces thangkas servent essentiellement à la pratique de la méditation, comme supports d’aide à la visualisation des divinités. « C’est une tradition encore très importante. Et pour rendre l’exposition plus vivante, j’ai de suite pensé aux photographies de Matthieu Ricard avec qui les choses se sont faites très naturellement », assure Francis Saint-Genez.

Ainsi au Musée Paul Dupuy, trente images du célèbre moine bouddhiste, auteur et porte-parole du Dalaï-Lama nous racontent les hommes, les paysages et la vie dans les monastères du Tibet. Enfin, pour compléter l’hommage et associer le Musée Georges Labit à cette dynamique bouddhiste, ce dernier accueille le travail en noir et blanc de la photographe et documentariste toulousaine Isabelle Garcia-Chopin sur les enfants-moines de l’Himalaya.

Au final, une vague de quiétude bienvenue en ces temps troublés. « Même si ce n’est pas le but premier, il y a bien sûr des résonances avec les préoccupations actuelles. L’intérêt pour la méditation est par exemple de plus en plus fort », souligne le conservateur. Des propos largement confirmés par le succès public de l’inauguration ainsi que de la conférence donnée par Matthieu Ricard au Parc des Expositions. L’occasion aussi d’attirer l’attention sur le contexte politique au Tibet ? « Ce n’est pas notre rôle mais quand on pense au patrimoine religieux, dont 6 000 temples, qui a été détruit par la Chine, on se dit que la conservation et la valorisation des objets d’art tibétains hors du pays ont une importance d’autant plus grande. »

Infos pratiques

Du 12 décembre au 21 mai, musées Georges-Labit et Paul-Dupuy, 2/4 €

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