[Culture] L’art dans la rue

Snake

Symbolique. Une nouvelle fresque de peinture murale orne les murs toulousains. Snake, graffeur internationalement reconnu, a choisi d’ouvrir le débat sur l’état de la justice dans le monde pour présenter son nouveau concept Typogractère.

 

En remontant l’avenue de Lyon, proche de la gare routière, un mur attire le regard. Un fond rouge, un personnage féminin représentant la justice, balance dans une main, épée dans l’autre, la dernière œuvre de Snake s’exhibe en géant sur toute la surface d’un mur. Le graffeur, artiste autodidacte et indépendant, reconnu à l’international, a mis une semaine à réaliser cette œuvre originale, mais plus de deux ans pour voir son projet aboutir. « À l’époque, j’avais constaté que les murs étaient dégradés, et j’avais l’envie de réaliser un projet différent. J’ai bataillé pour obtenir les autorisations et compléter un dossier administratif lourd. J’attendais ce mur avec impatience ! » explique-t-il. Une attente et une détermination qui se sont finalement révélées payantes.

Son œuvre, Xavier alias Snake, l’a travaillée, peaufinée jusqu’à ce qu’elle corresponde parfaitement à ce qu’il souhaitait : un subtil mélange de typographies dans un personnage. « À travers ce tag, il s’agissait de mettre en avant un nouveau concept graphique et visuel : la typogractère. Ce travail des lettres et des mots est différent, au-delà de l’egotrip d’un nom. Grâce au figuratif, je peux montrer une autre facette, faire passer un message », raconte l’artiste.

« C’est cet échange qui donne un sens à ce je fais! »

Libéré des contraintes techniques qu’il a dépassées à force d’expérience, c’est à la symbolique que Snake a décidé de s’attacher. Dans son personnage fait de lettres et de mots forts tels que ‘’respect, utopie, mensonge, valeurs, morale’’ ou encore ‘’Platon, mort, argent, esclave’’… il se penche sur la justice au sens large, en tentant de « rester universel, mettre en évidence les choses comme elles sont, sans parti pris ni jugement, mais appeler à la réflexion ». Et ça marche ! Xavier l’a constaté lors de la réalisation de cette fresque, la discussion a vite été engagée par les passants ou habitants du quartier. Des questions sur la signification de certains éléments, des réflexions plus ou moins poussées, pour lui, « les gens sont un vrai baromètre social ». C’est aussi ce partage unique avec le public que l’artiste recherche, ce contact qui permet de se remettre en question et d’avancer. « La rue est un vrai public, il y a un vrai retour. Il se passe quelque chose, c’est ici et maintenant. C’est cet échange qui donne un sens à ce je fais », souligne le graffeur à qui la fibre humaine importe beaucoup, notamment concernant ses collaborations artistiques.

Lui qui a commencé le graff à l’adolescence, il y a consacré toute sa vie. « Lorsque j’ai débuté, taguer était un passe-temps dans lequel j’étais libre. Puis j’ai créé mon histoire, c’est devenu une passion. Je n’ai que ça, mon savoir-faire, personne ne peut me faire arrêter ça », ajoute Snake, en référence aux soucis judiciaires que le graffiti a pu lui valoir. Un sentiment d’injustice est né à cette époque et c’est peut-être aussi l’une de ses influences dans la réalisation de sa fresque ‘’Justice Wall’’, première d’une longue série de typogractères à venir, comme un nouveau chapitre, « une évolution sans fracture ».

 

 Le + : Xavier travaille en collaboration avec la marque Funtastik, marque de prêt à porter pour les enfants, bio, écolo et toulousaine. Avec de nombreux artistes, elle développe des collections rigolotes dans le respect d’une démarche écologique et locale. 1€ de chaque produit vendu est reversé reversé a une ONG.

 

Infos pratiques : http://www.snakegraffiti.com

 

 

 

 

 

 

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