[Culture] Delphine Panique, de la littérature au dessin

Delphine Panique

Illustration. Auteur de bandes dessinées au coup de crayon naïf et au ton humoristique légèrement désenchanté, Delphine Panique signe son deuxième livre « En temps de guerre », sélectionné au Festival BD d’Angoulême.

 

Illustratrice jeunesse pour les éditions Milan, autodidacte en dessin, Delphine Panique travaille depuis presque 10 ans pour la maison d’édition toulousaine Misma. « J’ai commencé par faire quelques pages pour leur fanzine Dopututto, et expérimenter le format des histoires courtes », explique-t-elle. C’est d’ailleurs cette revue qui a vu naître Orlando, un de ses personnages dont est issu son premier livre éponyme paru en 2013 chez Misma, librement inspiré du roman de Virginia Woolf. « Je n’avais pas de projet de livre à l’époque, Orlando existe grâce à mes éditeurs qui m’ont suivie et soutenue » souligne l’illustratrice, qui puise largement son inspiration dans la littérature. Et pour cause, après un semestre aux Beaux-arts de Toulouse, c’est finalement à la faculté du Mirail qu’elle poursuit ses études et obtient son master de Lettres modernes. Delphine Panique a appris la bande dessinée sur le tas, et le revendique haut et fort : « Peu d’auteurs de BD viennent de lettres, pourtant c’est un genre littéraire à part entière, un genre narratif avant tout ! Je n’ai pas fait d’école d’art, mais j’ai trouvé mon style petit à petit sans être influencée par des cours ou d’autres ouvrages. Sans image, l’imagination est plus libre ». Une expérimentation solitaire des choses, poussée par une passion toujours intacte pour le dessin.

« Sans image, l’imagination est plus libre »

Une fois trouvé son propre style, un peu naïf, original surtout, avec un rapport au dessin très sensible, Delphine Panique poursuit son travail de création. « Je trouve un scénario, une histoire et me penche sur le propos que je souhaite transmettre. Je laisse le dessin venir tout seul et ne cherche pas à ce que ce soit parfait. Je ne fais pas du dessin de virtuose » précise-t-elle. Mais sa patte est bien là, et Misma publie, en février 2015, sa deuxième bande dessinée « En temps de guerre ». « Ce livre est inspiré de la 1re guerre mondiale dans le sens où il montre une société où les femmes doivent se débrouiller, recréer une société en ne partant de rien, à un moment où tous les hommes sont partis. Comment faire quand ceux qui ont habituellement le pouvoir ne sont plus là ? » relate l’artiste. Un questionnement sur la découverte d’une certaine liberté, les hiérarchies, les prises de pouvoir, les systèmes politiques, en somme, les tâtonnements dune société. « En temps de guerre » apporte une réflexion, des moments crus et cruels, « pas que du joli ». Finalement, le tracé ingénu de Delphine Panique apporte un certain décalage avec le ton parfois un peu dur de son ouvrage. Une recette qui fonctionne bien, puisqu’elle lui a permis d’être sélectionnée pour la 43e édition du Festival BD d’Angoulême, du 28 au 31 janvier 2016. « C’est la 1re fois que Misma est en sélection officielle, je ne m’y attendais pas du tout, mais en suis très heureuse ! » s’enthousiasme l’auteure, consciente du réel tremplin que constitue cet évènement reconnu. Et comme elle n’a pas prévu de s’arrêter en si bon chemin, l’illustratrice a déjà un autre projet en tête, « un assez gros livre ! » précise-t-elle.

 

Le + : Carte blanche

Delphine Panique a terminé il y a peu son ouvrage « L’Odyssée du vice » qu’elle présentera au Festival d’Angoulême. C’est pour les éditeurs Les requins marteaux et leur série BD Cul qu’elle a réalisé ce projet, autour des grands thèmes de l’Odyssée d’Homère. L’histoire de ce cosmonaute explorateur arrivant sur une planète étrange peuplée de situations érotiques, voire plus, sortira le 25 janvier prochain.

 

Infos pratiques : « En temps de guerre »

De Delphine Panique

Éditions Misma, février 2015, 19€

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