[Cirque] Entre ombre et lumière, BorderLand étincelle

Cirque Pardi cordeChapiteau. Installé à la Grainerie, Le cirque Pardi! joue BorderLand jusqu’au 22 décembre. Un univers fantastique et déjanté incarné par un collectif de 9 artistes. Un retour aux sources aussi, au cirque de l’exploit, des limites repoussées, du danger bravé et des gags qui marchent toujours.

Par Laurie Mécréant

 

« J’avais envie de couleur rock électro. J’avais envie du prestige du cirque, d’une production où on ne doute pas qu’on fait du cirque. Je voulais sortir des approches conceptuelles où il faut lire la démarche de l’artiste avant de voir le spectacle. » C’est le point de départ de Maël Tortel, le porteur du projet. Avec 8 autres artistes en piste, le spectacle BorderLand réunit donc les ingrédients du cirque traditionnel : du clown, des chutes, encore des chutes, de la corde, du cerceau, des acrobaties, des prouesses, du feu, de l’eau… Mais le cirque Pardi! n’a rien d’un cirque classique. Autodéfini « sincère et expérimental », BorderLand déroute. « On cherche à surprendre le public par tous les sens » : ouïe, vue, odorat… « On ne voulait pas de narration. C’était écrit dans le cahier des charges », ajoute l’acrobate d’origine lyonnaise. Le spectacle se déroule donc comme une série d’images, de scènes lumineuses sur fond noir. « On est sur un fil. On peut vite tomber dans un côté très dark. D’un seul coup, ça peut devenir un chaos apocalyptique ou aller vers des émotions plus douces, plus agréables et légères, c’est ça qui tient le public et c’est ça la spécificité du spectacle », nous explique Maël.

« On est sur un fil »

Jeu de mots entre la frontière et la pathologie borderline, BorderLand ne cesse de poser des questions. Une atmosphère galactique, un clown travesti aux lèvres violacées, un ange déchu, une mobylette qui pétarade, une musique omniprésente lancinante et enveloppante, un soudeur qui étincelle, et finalement assez peu de paroles. Beaucoup de sujets de société sont cependant abordés : voyages, frontières, couple, genre, amour. « Mais la volonté du collectif est de ne pas juger. On veut laisser le spectateur se faire sa propre idée », précise Maël. Faut-il comprendre que la vie n’est que parcellaire et subjective ? Que l’on n’en sait que ce que l’éclairage nous laisse voir et qu’il faut juste croire en quelque chose pour éviter de sombrer ? Ce qui est sûr, c’est que le spectacle est très visuel avec une mise en lumière aussi remarquable qu’exceptionnelle.

Il faut dire que le cirque Pardi! est le résultat d’un projet ambitieux et hors norme. Après cinq ans avec une compagnie ariégeoise, les Têtes en l’Air, Maël voulait d’abord créer un chapiteau avec un espace aérien important et qui abrite un espace convivial où rencontrer le public. Il dessine donc un « chapiteau atypique avec trois mâts, une toile triangulaire et une forme d’ampoule » dans lequel il invite une quinzaine d’artistes pour un premier laboratoire de création fin 2011. Mais ce n’est qu’à l’automne 2012 que la troupe se fige. « Chacun était libre de venir créer avec nous et de partir. Le mode de vie en itinérance demande beaucoup d’investissement personnel, il faut être sûr que ce soit en adéquation avec le projet de vie de chacun ». S’ensuit un an et demi de création, pendant lequel Maël offre toute liberté à ses acolytes : « Je vous fais confiance, sortez ce que vous avez dans vos tripes et mettez-le sur la piste ». Si cette aventure est une réussite, c’est un succès résolument collectif.

 

 

Le + :  Cirque autoproduit pardi !

« Le réseau de chapiteau en contrat de cession s’essouffle petit à petit, mais j’avais vraiment envie de défendre l’itinérance et le cirque sous chapiteau. On s’est mis en danger pour en arriver là », raconte Maël. Pour financer le chapiteau, les « pinces » (l’équivalent des sardines sur une tente) ont été vendues 150€ en échange de 2 places offertes à vie. Pour la création, tous ont donné de leur temps, mais maintenant les entrées couvrent tous les frais. À bon entendeur, il ne manque à l’équipe circassienne qu’un espace de stockage permanent sur Toulouse !

 

Infos pratiques :

Vendredi et samedi à 20h30 et dimanche à 15h jusqu’au 22 décembre. Tarifs : 14/12/9€

À la Grainerie 61 rue Saint Jean 31130 Balma

www.cirquepardi.wix.com/cirquepardi

 

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