Perturbateurs endocriniens : comment déchiffrer les étiquettes ?

PRÉCAUTION. La chasse aux perturbateurs endocriniens commence par le cabas. Pour y voir un peu plus clair dans les rayons, nous sommes allés à la rencontre d’Élodie Durand, conseil en santé environnementale. 

perturbateurs endocriniens
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Quand elle est devenue maman, Élodie Durand a décidé d’apprendre à déchiffrer les étiquettes des produits. De tous les produits. Cela lui a pris deux ans : « J’ai essayé de comprendre, avec mes moyens, ce que je consommais. Et je me suis rendue compte que notre confiance vis-à-vis des industriels est très excessive ! ». Premier enseignement, évident : moins il y a d’ingrédients dans un produit, moins il y a de risques d’y rencontrer des perturbateurs endocriniens. Ainsi, dans un frigo, l’idéal est de trouver des aliments frais, locaux et bio. Il peut y avoir des exceptions : « Le bio ne doit pas être une solution à tout prix ! Si la tomate bio vient du Maroc, mieux vaut en acheter une d’ici, cultivée en agriculture raisonnée. »

Élodie Durand sait que les normes sur l’agriculture biologique sont différentes d’un pays à l’autre et rarement aussi strictes que chez nous. Dans la mesure du possible, elle ne consomme donc plus de produits transformés : « Dans un plat préparé par exemple, il y a différentes sortes de perturbateurs endocriniens. Et l’on ne connaît pas les effets qu’ils ont les uns sur les autres. » Cette interrogation vaut aussi pour l’air que nous respirons ou l’eau que nous buvons, où tous les spécimens de perturbateurs se côtoient. Pour renouveler l’air de la maison, sept à neuf fois plus pollué qu’à l’extérieur, rien de mieux qu’une longue aération quotidienne, été comme hiver. Afin d’éliminer de l’eau du robinet les traces de déchets médicamenteux ou autres résidus de substances chimiques, l’idéal est de s’équiper d’un appareil de filtration qui rend l’eau neutre, avant de la reminéraliser. Il coûte autour de 300 euros dans les magasins bio.

L’autre solution proposée par Élodie Durand est de boire de l’eau en bouteille exclusivement en verre, comme la Wattwiller, car « les contenants en plastique renferment des phtalates, qui, lorsqu’ils sont exposés à la chaleur ou au froid, peuvent être transférés au produit ». Il y a un petit triangle avec un chiffre sur les emballages en plastique: plus le chiffre se rapproche de sept, plus il est susceptible de contenir des perturbateurs endocriniens.

Les produits cosmétiques de grande distribution sont également à bannir, « y compris les marques qui affichent des 0%. Cela signifie souvent qu’il n’y a pas de parabène ou pas de colorants impactants, mais rien n’indique l’absence d’autres perturbateurs endocriniens. » La conseillère en santé environnementale fait toutefois confiance à quelques marques, comme la gamme de maquillage bio de Lavera, l’aromathérapie des laboratoires Pierre Fabre ou les cosmétiques Cattier.

Elle se fie aussi au label Écocert, dont le cahier des charges est très rigoureux. Sa lessive en est estampillée. Quant à ses produits ménagers, ils sont naturels, à base de savon noir ou de vinaigre d’alcool. Pas d’encens, de pot-pourri ou de parfum d’intérieur, cela va sans le dire. Et attention aux perturbateurs cachés dans les meubles : «  Ils contiennent souvent des colles et des solvants, qui peuvent être très nocifs ». Pour ne pas se tromper, il faut choisir un mobilier dont le taux de composés organiques volatils est faible, avec l’indication A+. C’est un des nombreux labels à privilégier pour se prémunir.

 

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