[Dossier] Comment dépoussiérer les salons étudiants ?

Immenses et bondés, les salons étudiants ont de quoi désorienter des candidats qui en sortent souvent bredouilles. Selon Valérie Dmitrovic, directrice générale de Gaming Campus et ancienne directrice d’écoles de commerce, il est possible de changer ces grands rendez-vous de l’orientation pour qu’ils deviennent de vrais moments d’échange.

 © alexis brown
© alexis brown

Ces salons sont les grandes messes des études supérieures, incontournables pour les 12 000 établissements français qui y proposent 95 000 formations et plus de 12 000 diplômes différents. Certains ont du mal à s’y faire voir ou entendre, notamment les petites structures qui ne peuvent pas s’offrir un grand espace d’exposition : « Quand leur surface ne dépasse pas 12 m², les stands sont littéralement assiégés et leurs exposants submergés. Une école repartira d’un salon classique avec plus d’un millier de contacts, c’est énorme et très difficile à traiter », indique Valérie Dmitrovic, directrice générale de Gaming Campus, une école de commerce dédiée aux jeux vidéo. Pendant vingt ans, à la tête d’établissements d’études supérieures, elle a organisé de nombreux salons étudiants, à taille humaine. C’est la tendance. Car, alors que ceux organisés par les mastodontes du marché, L’Étudiant et Studyrama, occupent toujours des surfaces considérables afin d’attirer des dizaines de milliers de visiteurs, fleurissent désormais des événements plus petits, mais plus haut de gamme, comme ceux du Monde ou du Figaro : « Ils proposent des entretiens avec les candidats, il y a une réelle écoute. Comme on le fait de plus en plus au sein de l’Éducation nationale, il faut aussi personnaliser l’orientation. C’est la clé. » Paradoxalement, bien qu’ultra-connectée, la génération Z a particulièrement soif d’échanges humains.

Ainsi, la plateforme d’éducation en ligne Digischool, qui compte plus de 5 millions d’étudiants inscrits, leur propose une soixantaine de salons, à la carte, où chacun est pris en charge individuellement. Gratuits, ils se limitent à 200 invités, triés sur le volet après un entretien téléphonique. Ces derniers sont accompagnés par des coachs, pour y voir plus clair sur leur projet d’orientation, et peuvent ensuite rencontrer, seul à seul, les responsables des établissements présents. Métiers de la grande distribution, finance, business school, ces salons sont particulièrement ciblés : « Il faut s’assurer que l’étudiant a une bonne raison de venir et lui présenter quelques écoles ou recruteurs qui correspondent à ses choix. Cela demande un grand travail en amont », raconte Valérie Dmitrovic.

Sur place, il s’agit aussi de maintenir l’attention. Par exemple, les salons SMILE présentent les métiers de l’industrie de manière ludique, avec la fabrication d’objets, des démonstrations, un showroom high tech. Enfin, pour se faire connaître, les salons, comme les écoles, doivent utiliser les bons codes : « Ringardes et peu lues, les campagnes de mailings ne sont plus efficaces. Il faut communiquer sur Facebook, Snapchat Instagram ou Linkd’in, en créant du contenu et de la manière la moins intrusive » Et ceux qui ne pourront pas se déplacer ont désormais la possibilité de suivre les salons en ligne, avec des conférences en live ou en replay et une mise en relation avec les exposants.

Dossier “Orientation scolaire : des pistes pour trouver sa voie” :

 

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